Sortir de prison

Depuis deux jours, j’accompagne une amie qui sort d’une relation toxique. Comment se libérer de l’emprise ? Témoignage.

Photo Unsplash : Kelly Sikkema

Il est très difficile de comprendre que l’on est sous emprise. Parfois, on a des doutes, on sent que la relation n’est pas équilibrée, on se dit qu’on serait mieux sans lui/elle. Sans réussir à accepter l’inacceptable.

Cette amie m’a appelée mardi soir, en pleurs. Elle avait besoin d’écoute, de soutien. D’une présence attentive. Je n’ai fait que l’écouter. C’est peu. Et pourtant, c’est essentiel. Depuis, elle m’a rappelée. Plusieurs fois. Nous sommes restées des heures au téléphone, chacune continuant ses activités de son côté, tout en restant en ligne. Reliées. Ne pas rester seule. Avoir quelqu’un au bout du fil, ce fil qui raccroche au présent, à la vie, quand la réalité perd toute sa consistance.

Je sais le choc que représente cette prise de conscience. Je sais le monde qui vacille, les ombres qui apparaissent sur une histoire que l’on croyait belle et romantique. Je sais la brûlure de la trahison. La honte d’avoir été manipulée. Et le regard que l’on porte sur soi : comment ai-je pu me laisser ainsi maltraitée ? Pourquoi n’ai-je pas compris plus tôt ?

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[Lecture] À fleur de peau

À fleur de peau est un roman un peu particulier : un roman initiatique écrit par le spécialiste de l’hypersensibilité, Saverio Tomasella. Une bulle de douceur.

À fleur de peau • Saverio Tomasella
Leduc.s éditions • 2018 • 240 pages

Quand on s’intéresse à l’hypersensibilité, un nom revient souvent : Saverio Tomasella. Psychanalyste et docteur en psychologie, il a créé en 2016 l’observatoire de la sensibilité et apporte sur son site, dans ses livres et lors de ses interviews de nombreux outils et réponses pour faire connaître l’hyper ou ultrasensibilité et aider les personnes qui cherchent à en savoir plus sur ce tempérament.

En écoutant un podcast sur le thème : êtes-vous un(e) hypersensible ?, j’ai appris que Saverio Tomasella avait écrit un roman. Je me suis empressée d’acheter cette œuvre : À fleur de peau, Le roman initiatique des hypersensibles. Quel sous-titre intrigant ! J’ai donc commencé à lire, sans savoir à quoi m’attendre.

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[Texte] Vole, Louise, vole !

Pour le challenge écriture de la semaine, Marie Kléber nous proposait d’écrire à partir d’une image. Après avoir longuement regardé cette image et laissé les mots se poser en vrac sur le papier, j’ai réglé le minuteur de mon téléphone sur 10 minutes. J’avais 10 minutes devant moi. 10 minutes d’écriture libre, pour rédiger un texte spontané. Que j’ai ensuite légèrement retravaillé. Le voici.

Photographie : Marie Kléber

Sur le parvis de l’église, Léa rejoint son amie. Elles s’assoient sur le marches côté sud, face à la fontaine. L’ample bâtiment du XVème siècle semble peser sur leurs épaules, comme pour les écraser du poids de l’Histoire. Combien de baptêmes, de mariages et d’enterrements ont été célébrés sous ses voûtes ?

Léa est loin de ces considérations. Elle retire son écouteur droit et le glisse dans l’oreille de Louise. Une symphonie de notes retentit, bientôt suivie par les paroles d’un slameur inconnu. L’eau de la fontaine jaillit.

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L’hypersensibilité : une force ?

L’hypersensibilité est le sujet du moment, semble-t-il. Une émission diffusée jeudi 18 février et un livre publié en janvier l’ont mise sur le devant de la scène.

L’émission « Ça commence aujourd’hui » du 18 février avait pour thème l’hypersensibilité. Vous pouvez en trouver des extraits sur youtube ou regarder l’émission en intégralité sur francetv (disponible jusqu’au 20 mars).

Trois invités nous racontent leur parcours jusqu’à la découverte de leur hypersensibilité. Jeanne Siaud-Fachin, psychologue, apporte son éclairage professionnel sur la question.

Je me suis vraiment retrouvée dans le témoignage de Maurice Barthélémy qui évoque : des sens très aiguisés (hyperesthésie), une forte intuition, une pensée en arborescence, un bon esprit d’analyse et une hyper-empathie. Il ajoute une difficulté à faire des choix, par besoin de peser le pour et le contre de chaque option possible.

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Mon hypersensibilité… loin des clichés

Imaginez une personne hypersensible. Qui voyez-vous ? Une femme, de préférence, avec des émotions « à fleur de peau » : elle pleure facilement, s’énerve pour un rien, rigole comme une gamine et a une peur panique des souris ou des araignées. Évidemment, avec de tels clichés, j’ai longtemps pensé ne pas être concernée. Et pourtant…

Photo Unsplash : Franco Antonio Giovanello

Il m’a fallu deux ans pour comprendre que j’étais hypersensible. Deux ans de lectures, de doutes, d’analyse… Pourquoi un délai aussi long ? Car je n’avais pas les bonnes cartes en main.

Quand on pense à l’hypersensibilité, on se focalise avant tout sur le versant émotionnel : tristesse, colère, joie, peur… tout est excessif, débordant, envahissant… Les personnes hypersensibles auraient du mal à canaliser leurs émotions et seraient donc aisément « repérables ». C’est certainement vrai pour la plupart d’entre elles. Mais pas toujours.

Ainsi, pour moi, il n’en est rien. Tout est lisse et calme chez moi. Je ne pleure pas, cache ma colère, n’explose pas de joie même en apprenant une excellente nouvelle. Car je souffre de dysrégulation émotionnelle. Pourquoi ?

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« Ajoutez 30 livres »

Après m’être (ré)inscrite sur Babelio, j’ai reçu un mail contenant cette phrase : « Pour bien débuter sur Babelio, ajoutez 30 livres ». Quels ont été les 30 livres qui ont marqué ma vie de lectrice ? Remue-méninges.

Photo : Susan Yin (Unsplash)

Me voici donc un dimanche matin au réveil à cogiter… sans trop réfléchir cependant. Il faut de la spontanéité dans cet exercice. Citer spontanément 30 livres qui ont été importants, 30 livres qui m’ont bouleversée, 30 livres que j’aurais envie de relire (ou que j’ai déjà relus).

Je me lance.

  • Au bonheur des dames, Emile Zola (mon premier Zola, je les ai tous dévorés)
  • Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde (lu et relu)
  • Fortune de France, Robert Merle (série sur l’Histoire de France)
  • Les piliers de la terre, Ken Follett (incontournable pour se plonger dans le Moyen-Âge)
  • Les âges sombres, Karen Maitland (communauté de femmes au Moyen-Âge)
  • La Fissure, Jean-Paul Didierlaurent (entretiens avec un nain de jardin ! j’adore cet auteur atypique)
  • La petite fille de Monsieur Linh, Philippe Claudel (tendresse intergénérationnelle)
  • Le rapport de Brodeck, Philippe Claudel (guerre et bouc émissaire, ambiance kafkaïenne)
  • Le chœur des femmes, Martin Winckler (médecine dans les années 70, relation au corps)
  • En souvenir d’André, Martin Winckler (soins palliatifs)
  • La mélodie des jours, Lorraine Fouchet (cancer du sein et belle rencontre)

J’écris comme ça me vient. 11 livres (dont certains titres que j’avais oubliés, qu’il m’a fallu rechercher à partir du nom de l’auteur/trice). Et je bloque.

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[Dessin] Vendée globe

Ça y est ! Ils ont fait le tour du monde ! Les skippers du Vendée globe sont de retour aux Sables d’Olonne après un périple de plus de 44 000 km. Voici ma petite participation à cette grande aventure.

Vendée globe • 13 décembre 2020
Stylo noir, crayons de coukeur

C’est un dessin que j’ai débuté fin novembre, alors que les concurrents (et mon bateau virtuel) venaient de doubler le cap de Bonne Espérance (il est en bas du dessin, avec le méridien 20°Est, vous le voyez ?).

J’y ai mis un bateau, bien sûr, un voilier à foils, et des éléments marins : poissons, oursins, étoiles de mer, bulles et vagues. Une boussole pour rappeler les grands navigateurs du passé. Et un triste clin d’œil au monde contemporain : une bouteille pour dénoncer la pollution plastique… Le septième continent, ça vous dit quelque chose ? Jamy vous explique tout ici : https://youtu.be/gnqc37adZFQ

Le Vendée globe, qu’est-ce que c’est ?

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Rayons de lune #21-01

Que s’est-il passé en janvier ? Agenda 2021, blog et journal intime. Réflexions sur l’écriture. Lectures.

Perspective ● 27 janvier

Début d’année rime avec s’organiser. En ce mois de janvier, je me suis interrogée sur ce blog, mon agenda et mon journal intime. Comment coordonner les trois pour garder trace et mieux m’organiser ?

Mon agenda : my 2021

Pour la deuxième année, j’ai acheté un agenda écologique My 365. S’il me permet de noter à l’avance mes rendez-vous quotidiens, j’utilise avant tout My 2021 comme un support de bilan pour garder trace de ce que j’ai fait dans la journée.

J’aime beaucoup ses trackers mensuels, personnalisables, qui m’aident à suivre au jour le jour mon activité physique et ma santé. Et il y a également le petit rond quotidien, que je colorie en vert, jaune ou orange chaque soir.

Fin décembre, j’ai rempli les pages Mon bilan en répondant aux 5 questions sur l’année 2020 : Qu’est-ce qui a bien fonctionné ? Qu’est-ce que j’en tire comme apprentissage ? Quels sont les ingrédients essentiels qui contribuent à mon épanouissement ? Qu’est-ce qui a besoin d’être amélioré ? Quelles sont les actions concrètes que je choisis de mettre en place ?

Mix entre agenda et bullet journal, My 2021 propose des pages pour définir des objectifs pour l’année, un projet de vie dans 5 ans (ça, j’en suis incapable à l’heure actuelle), des défis mensuels…

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Les quatre saisons d’un burn out

10 janvier 2020, une date que je n’oublierai jamais. Le verdict médical est tombé : « Double épuisement physique et moral ». J’étais au fond du gouffre et la lumière n’était qu’un tout petit point, en haut, très très loin. Retour sur douze mois d’ascension.

Hortensia givré, ce matin

Janvier 2020 : l’effondrement

C’était un jeudi. Le 9 janvier 2020. Cela aurait dû être une journée de travail comme les autres. Je revenais de deux semaines de congés. La terrible page 2019 étant tournée, je me disais que le pire était derrière moi. Persuadée que j’allais trouver la force d’avancer encore, j’avais pris de bonnes résolutions. C’était sans compter sur mon corps, qui lui, ne s’était pas encore fait entendre.

Pourtant, il y en avait eu, des signes avant-coureurs. Ces nuits hachées, ces matins où je me levais malgré tout, parce qu’il ne fallait pas lâcher. Ces heures de route pendant lesquelles je sentais la fatigue m’envahir, au risque de somnoler au volant. Ces douleurs musculaires et articulaires. Et puis surtout ces migraines, régulières, auxquelles j’avais fini par m’habituer. Au premier flash lumineux, je prenais du paracétamol et j’attendais. Après vingt à trente minutes de clignotement dans un œil, ma vision redevenait claire et le mal de tête arrivait. Un seul hémisphère, gauche ou droit. Je notais, pour voir si l’un dominait. D-D-G-D-G-G-D… Je notais, sans m’inquiéter de la fréquence de ces épisodes migraineux, jusqu’à 3 ou 4 par semaine. Je vivais avec, sans comprendre que mon corps me lançait ainsi un cri d’alarme.

Ce jeudi 9 janvier, la migraine est arrivée dès 8 heures, alors que j’attendais mon tour à la photocopieuse. Je me suis dit que la journée commençait mal. Et elle a été très longue, cette journée. Le deuxième épisode s’est produit vers 15 heures. J’étais en classe. Je me suis assise et, une fois de plus, j’ai fait comme si. Comme si tout allait bien. Comme si j’entendais clairement malgré les acouphènes dans mes oreilles. Comme si je pouvais supporter les voix, les bruits, l’agitation des élèves. Comme si la nausée n’existait pas. Comme si j’étais là alors que je n’y étais pas. J’étais en pilote automatique. Depuis longtemps, bien longtemps.

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