Traumatisme et résilience

Avez-vous des douleurs chroniques dont on ne trouve pas l’origine ? Faites-vous face à des échecs récurrents dans un domaine de votre vie (amour, travail, relations amicales…) ? Vous souffrez peut-être, sans le savoir, de traumatisme. Explications.

Photo Unsplash : Kristaps Grundsteins

Le hasard fait parfois bien les choses. Je suis allée sur Youtube récemment pour conseiller à une amie une vidéo sur les blessures d’enfance. Et j’ai trouvé, sur la même chaîne, une série de quatre vidéos intitulées : Comprendre le traumatisme. J’ai cliqué. Pourquoi ? Certainement parce qu’inconsciemment, je savais que ces vidéos allaient m’apporter des réponses. Je n’imaginais pas à quel point !

Comprendre le traumatisme

Quatre vidéos, quatre heures d’explications sur le traumatisme. Dit comme ça, ça peut paraître rébarbatif. Mais pour moi, ce fut passionnant ! Dans cette série de vidéos, Cyrinne Ben Mamou, docteur en neurosciences, conférencière et thérapeute, nous explique de façon très claire ce qu’est le traumatisme et comment en sortir pour aller vers la résilience. Ces quatre vidéos se déclinent ainsi :

  • #1 Différence entre trauma et traumatisme
  • #2 Cinq caractéristiques du traumatisme
  • #3 Huit pièges du traumatisme
  • #4 Neuf pistes pour sortir du traumatisme

Évidemment, la tentation est grande de regarder directement la vidéo #4. Ce serait, disons-le tout de suite, une grave erreur. Il est essentiel de bien poser les bases pour pouvoir progresser dans la compréhension du traumatisme. De plus, Cyrinne Ben Mamou nous propose à la fin de chaque vidéo un petit exercice de réflexion personnelle, qui évolue au fil des quatre vidéos.

Qu’ai-je appris en regardant ces vidéos ? Beaucoup de choses, sur le traumatisme d’une part, et sur moi-même d’autre part. J’ai pris des notes détaillée pour pouvoir reprendre tout cela calmement plus tard. Je pense que je regarderai à nouveau la vidéo #4 dans quelques semaines, comme une piqûre de rappel pour continuer à avancer sur mon chemin de croissance post-traumatique. Les pistes pour sortir du traumatisme sont très simples mais leur mise en œuvre est difficile. Il faut mettre en place de nouvelles habitudes de vie, être persévérant(e), volontaire… alors écouter de nouveau ces conseils ne pourra être que bénéfique.

Dissocier trauma et traumatisme

Revenons au point de départ : le traumatisme. Comment savoir si vous souffrez de traumatisme ? Peut-être vivez-vous, sans le savoir, avec ce stress chronique qui impacte tous les aspects de votre vie.

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Sortir de prison

Depuis deux jours, j’accompagne une amie qui sort d’une relation toxique. Comment se libérer de l’emprise ? Témoignage.

Photo Unsplash : Kelly Sikkema

Il est très difficile de comprendre que l’on est sous emprise. Parfois, on a des doutes, on sent que la relation n’est pas équilibrée, on se dit qu’on serait mieux sans lui/elle. Sans réussir à accepter l’inacceptable.

Cette amie m’a appelée mardi soir, en pleurs. Elle avait besoin d’écoute, de soutien. D’une présence attentive. Je n’ai fait que l’écouter. C’est peu. Et pourtant, c’est essentiel. Depuis, elle m’a rappelée. Plusieurs fois. Nous sommes restées des heures au téléphone, chacune continuant ses activités de son côté, tout en restant en ligne. Reliées. Ne pas rester seule. Avoir quelqu’un au bout du fil, ce fil qui raccroche au présent, à la vie, quand la réalité perd toute sa consistance.

Je sais le choc que représente cette prise de conscience. Je sais le monde qui vacille, les ombres qui apparaissent sur une histoire que l’on croyait belle et romantique. Je sais la brûlure de la trahison. La honte d’avoir été manipulée. Et le regard que l’on porte sur soi : comment ai-je pu me laisser ainsi maltraitée ? Pourquoi n’ai-je pas compris plus tôt ?

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Les quatre saisons d’un burn out

10 janvier 2020, une date que je n’oublierai jamais. Le verdict médical est tombé : « Double épuisement physique et moral ». J’étais au fond du gouffre et la lumière n’était qu’un tout petit point, en haut, très très loin. Retour sur douze mois d’ascension.

Hortensia givré, ce matin

Janvier 2020 : l’effondrement

C’était un jeudi. Le 9 janvier 2020. Cela aurait dû être une journée de travail comme les autres. Je revenais de deux semaines de congés. La terrible page 2019 étant tournée, je me disais que le pire était derrière moi. Persuadée que j’allais trouver la force d’avancer encore, j’avais pris de bonnes résolutions. C’était sans compter sur mon corps, qui lui, ne s’était pas encore fait entendre.

Pourtant, il y en avait eu, des signes avant-coureurs. Ces nuits hachées, ces matins où je me levais malgré tout, parce qu’il ne fallait pas lâcher. Ces heures de route pendant lesquelles je sentais la fatigue m’envahir, au risque de somnoler au volant. Ces douleurs musculaires et articulaires. Et puis surtout ces migraines, régulières, auxquelles j’avais fini par m’habituer. Au premier flash lumineux, je prenais du paracétamol et j’attendais. Après vingt à trente minutes de clignotement dans un œil, ma vision redevenait claire et le mal de tête arrivait. Un seul hémisphère, gauche ou droit. Je notais, pour voir si l’un dominait. D-D-G-D-G-G-D… Je notais, sans m’inquiéter de la fréquence de ces épisodes migraineux, jusqu’à 3 ou 4 par semaine. Je vivais avec, sans comprendre que mon corps me lançait ainsi un cri d’alarme.

Ce jeudi 9 janvier, la migraine est arrivée dès 8 heures, alors que j’attendais mon tour à la photocopieuse. Je me suis dit que la journée commençait mal. Et elle a été très longue, cette journée. Le deuxième épisode s’est produit vers 15 heures. J’étais en classe. Je me suis assise et, une fois de plus, j’ai fait comme si. Comme si tout allait bien. Comme si j’entendais clairement malgré les acouphènes dans mes oreilles. Comme si je pouvais supporter les voix, les bruits, l’agitation des élèves. Comme si la nausée n’existait pas. Comme si j’étais là alors que je n’y étais pas. J’étais en pilote automatique. Depuis longtemps, bien longtemps.

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