Rayons de lune #21-03

Que s’est-il passé en mars ? Psycho, fin d’hiver et cartes mentales. Un mois que je redoutais et que je suis heureuse de voir se terminer.

Photo Unsplash : Ganapathy Kumar

Cauchemars et insomnies

Le mois de mars est, depuis quelques années, un mois difficile à vivre pour moi. J’attribue cela à la sortie d’hiver. Mon corps est fatigué, la météo est encore fraîche et, même si les jours rallongent doucement, on ne se sent pas encore au printemps. Cela va mieux après le changement d’heure, fin mars, car les soirées sont plus longues, les températures ont tendance à remonter et la nature, en avril, sort de son sommeil hivernal.

Ce mois de mars n’a donc pas échappé à la règle. J’avoue que je l’ai abordé avec un peu d’anxiété. Je me disais qu’il ne fallait surtout pas que je m’arrête (car tout arrêt de travail serait pour moi un échec, un doigt dans l’engrenage qui peut mener à une lente descente aux enfers, comme je l’ai déjà si souvent vécu). J’avais peur de tomber malade. Et surtout j’ai tiré peu de bénéfice des vacances d’hiver, qui se sont terminées le 8 mars et se sont avérées plus fatigantes que reposantes.

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Traumatisme et résilience (suite)

De nombreuses personnes sont traumatisées sans en avoir conscience. Quelles sont les caractéristiques du traumatisme ? Dans quels pièges cet état peut-il nous faire tomber ? Éclairage.

Photo Unsplash : Dmitry Ratushny

Comme je vous l’expliquais dans cet article, le traumatisme est un état de stress chronique physiologique qui se met en place après un trauma. Il faut bien dissocier le trauma, événement déclencheur initial, ayant entraîné une réaction de survie face à un danger, du traumatisme, mode de fonctionnement physiologique qui s’installe dans la durée et impacte de nombreux aspects de votre vie.

Pour sortir du traumatisme, il faut déjà prendre conscience de son existence. Comment savoir si vous souffrez de traumatisme ? Quelques indices peuvent vous alerter :

  • Vous vivez des échecs récurrents dans un ou plusieurs domaines de votre vie (amour, travail, famille, amis…)
  • Vous évitez certaines situations sociales
  • Vous avez une peur excessive face à certaines situations de la vie ordinaire
  • Vous avez des troubles physiques ou des douleurs inexpliqués

Je vous fais ici un résumé de la vidéo #2 de Cyrinne Ben Mamou, docteur en neurosciences, conférencière et thérapeute. Si vous pensez être concerné(e) par le traumatisme, je vous encourage à aller voir la vidéo qui est vraiment bien faite, avec de nombreux schémas explicatifs.

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Traumatisme et résilience

Avez-vous des douleurs chroniques dont on ne trouve pas l’origine ? Faites-vous face à des échecs récurrents dans un domaine de votre vie (amour, travail, relations amicales…) ? Vous souffrez peut-être, sans le savoir, de traumatisme. Explications.

Photo Unsplash : Kristaps Grundsteins

Le hasard fait parfois bien les choses. Je suis allée sur Youtube récemment pour conseiller à une amie une vidéo sur les blessures d’enfance. Et j’ai trouvé, sur la même chaîne, une série de quatre vidéos intitulées : Comprendre le traumatisme. J’ai cliqué. Pourquoi ? Certainement parce qu’inconsciemment, je savais que ces vidéos allaient m’apporter des réponses. Je n’imaginais pas à quel point !

Comprendre le traumatisme

Quatre vidéos, quatre heures d’explications sur le traumatisme. Dit comme ça, ça peut paraître rébarbatif. Mais pour moi, ce fut passionnant ! Dans cette série de vidéos, Cyrinne Ben Mamou, docteur en neurosciences, conférencière et thérapeute, nous explique de façon très claire ce qu’est le traumatisme et comment en sortir pour aller vers la résilience. Ces quatre vidéos se déclinent ainsi :

  • #1 Différence entre trauma et traumatisme
  • #2 Cinq caractéristiques du traumatisme
  • #3 Huit pièges du traumatisme
  • #4 Neuf pistes pour sortir du traumatisme

Évidemment, la tentation est grande de regarder directement la vidéo #4. Ce serait, disons-le tout de suite, une grave erreur. Il est essentiel de bien poser les bases pour pouvoir progresser dans la compréhension du traumatisme. De plus, Cyrinne Ben Mamou nous propose à la fin de chaque vidéo un petit exercice de réflexion personnelle, qui évolue au fil des quatre vidéos.

Qu’ai-je appris en regardant ces vidéos ? Beaucoup de choses, sur le traumatisme d’une part, et sur moi-même d’autre part. J’ai pris des notes détaillée pour pouvoir reprendre tout cela calmement plus tard. Je pense que je regarderai à nouveau la vidéo #4 dans quelques semaines, comme une piqûre de rappel pour continuer à avancer sur mon chemin de croissance post-traumatique. Les pistes pour sortir du traumatisme sont très simples mais leur mise en œuvre est difficile. Il faut mettre en place de nouvelles habitudes de vie, être persévérant(e), volontaire… alors écouter de nouveau ces conseils ne pourra être que bénéfique.

Dissocier trauma et traumatisme

Revenons au point de départ : le traumatisme. Comment savoir si vous souffrez de traumatisme ? Peut-être vivez-vous, sans le savoir, avec ce stress chronique qui impacte tous les aspects de votre vie.

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Sortir de prison

Depuis deux jours, j’accompagne une amie qui sort d’une relation toxique. Comment se libérer de l’emprise ? Témoignage.

Photo Unsplash : Kelly Sikkema

Il est très difficile de comprendre que l’on est sous emprise. Parfois, on a des doutes, on sent que la relation n’est pas équilibrée, on se dit qu’on serait mieux sans lui/elle. Sans réussir à accepter l’inacceptable.

Cette amie m’a appelée mardi soir, en pleurs. Elle avait besoin d’écoute, de soutien. D’une présence attentive. Je n’ai fait que l’écouter. C’est peu. Et pourtant, c’est essentiel. Depuis, elle m’a rappelée. Plusieurs fois. Nous sommes restées des heures au téléphone, chacune continuant ses activités de son côté, tout en restant en ligne. Reliées. Ne pas rester seule. Avoir quelqu’un au bout du fil, ce fil qui raccroche au présent, à la vie, quand la réalité perd toute sa consistance.

Je sais le choc que représente cette prise de conscience. Je sais le monde qui vacille, les ombres qui apparaissent sur une histoire que l’on croyait belle et romantique. Je sais la brûlure de la trahison. La honte d’avoir été manipulée. Et le regard que l’on porte sur soi : comment ai-je pu me laisser ainsi maltraitée ? Pourquoi n’ai-je pas compris plus tôt ?

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Les quatre saisons d’un burn out

10 janvier 2020, une date que je n’oublierai jamais. Le verdict médical est tombé : « Double épuisement physique et moral ». J’étais au fond du gouffre et la lumière n’était qu’un tout petit point, en haut, très très loin. Retour sur douze mois d’ascension.

Hortensia givré, ce matin

Janvier 2020 : l’effondrement

C’était un jeudi. Le 9 janvier 2020. Cela aurait dû être une journée de travail comme les autres. Je revenais de deux semaines de congés. La terrible page 2019 étant tournée, je me disais que le pire était derrière moi. Persuadée que j’allais trouver la force d’avancer encore, j’avais pris de bonnes résolutions. C’était sans compter sur mon corps, qui lui, ne s’était pas encore fait entendre.

Pourtant, il y en avait eu, des signes avant-coureurs. Ces nuits hachées, ces matins où je me levais malgré tout, parce qu’il ne fallait pas lâcher. Ces heures de route pendant lesquelles je sentais la fatigue m’envahir, au risque de somnoler au volant. Ces douleurs musculaires et articulaires. Et puis surtout ces migraines, régulières, auxquelles j’avais fini par m’habituer. Au premier flash lumineux, je prenais du paracétamol et j’attendais. Après vingt à trente minutes de clignotement dans un œil, ma vision redevenait claire et le mal de tête arrivait. Un seul hémisphère, gauche ou droit. Je notais, pour voir si l’un dominait. D-D-G-D-G-G-D… Je notais, sans m’inquiéter de la fréquence de ces épisodes migraineux, jusqu’à 3 ou 4 par semaine. Je vivais avec, sans comprendre que mon corps me lançait ainsi un cri d’alarme.

Ce jeudi 9 janvier, la migraine est arrivée dès 8 heures, alors que j’attendais mon tour à la photocopieuse. Je me suis dit que la journée commençait mal. Et elle a été très longue, cette journée. Le deuxième épisode s’est produit vers 15 heures. J’étais en classe. Je me suis assise et, une fois de plus, j’ai fait comme si. Comme si tout allait bien. Comme si j’entendais clairement malgré les acouphènes dans mes oreilles. Comme si je pouvais supporter les voix, les bruits, l’agitation des élèves. Comme si la nausée n’existait pas. Comme si j’étais là alors que je n’y étais pas. J’étais en pilote automatique. Depuis longtemps, bien longtemps.

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Novembre : (recon)naissance

Après plusieurs semaines sans écrire, il est temps de reprendre ce journal créatif.

Si le mois d’octobre fut éprouvant, aux niveaux professionnel et émotionnel, le confinement m’a apporté un étrange calme et une belle révélation.

Lundi 2 novembre, j’ai repris le chemin de l’école avec une certaine appréhension. Élèves masqués, protocole sanitaire renforcé… Un peu d’incertitude au début. Et puis finalement, il me semble que la situation s’est « allégée ». Tout est devenu plus lointain, plus facile. Curieux paradoxe.

Le confinement, en limitant les contacts sociaux et la possibilité d’intrusion d’autrui dans ma vie, m’a libérée d’un poids. Je me suis aperçue que j’appréciais cette bulle d’isolement social, qu’elle était la bienvenue pour me permettre d’avancer sur mon chemin personnel.

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Peut-on vivre sans passé ?

Image Unsplash : Brennan Martinez

Quel rôle le passé joue-t-il dans notre vie actuelle ? Est-il un poids qu’il faut oublier, occulter ? Devons-nous, au contraire, prendre le temps de l’explorer pour s’appuyer sur nos expériences vécues ?

Nostalgiques des années 80, collectionneurs d’objets depuis l’enfance, certains d’entre nous vivent dans le passé.

« Tout le monde n’a pas eu la possibilité de faire un juste apprentissage de ses émotions, c’est-à-dire de les recevoir et de les exprimer quand elles se présentent à lui. »

Bien souvent, rester prisonnier de son passé est la preuve que certaines choses n’ont pas été réglées, qu’un fort traumatisme n’a pas été « digéré » à temps. Il nous tire vers l’arrière et nous empêche d’avancer.

Internet et les réseaux sociaux participent à cet ancrage dans le passé : ils nous permettent, si nous le souhaitons, de retrouver trace d’anciennes connaissances ou de conserver des liens avec toutes les personnes qui ont jalonné notre parcours. Les sites tels que copainsdavant ou trombi répondent à un besoin de renouer ainsi des liens avec notre enfance ou notre adolescence. Est-ce positif ?

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Diagnostic…

Ce matin, j’ai pris rendez-vous chez mon médecin, suite à des épisodes migraineux répétés depuis fin décembre. Il m’a arrêtée pour huit jours. Nous nous reverrons vendredi pour évaluer la progression des symptômes : les maux de tête et migraines ophtalmiques auront-ils diminué ? D’ici là, j’ai rendez-vous chez ma psychologue. Le médecin généraliste m’a demandé d’évoquer avec elle un possible diagnostic de dépression. Je l’ai regardé, étonnée, et lui ai dit que je ne me sentais pas dépressive, n’ayant aucun sentiment de tristesse ou de vide. Je ne pleure pas. Mon état émotionnel est lisse, calme. Je ne ressens pas le malaise et la déprime qui m’avaient envahis en 2008.

Loin d’avoir perdu toute envie d’agir, je suis au contraire motivée pour avancer dans ma nouvelle vie, sortir de l’emprise, prendre soin de mes enfants et m’occuper de ma santé. Cependant, il semble que mon enfance et mon passé me rattrapent : cauchemars, souvenirs, flash-backs… Mon sommeil est perturbé, alternant entre insomnies et hypersomnie.

Tout ceci m’a rappelé un blog que j’apprécie particulièrement : Survivre & s’épanouir. Il y est question du SSPT = syndrôme de stress post-traumatique (PTSD en anglais).

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Comprendre l’emprise

Si la victime n’a plus rien, elle n’est plus rien.

Anne-Laure Buffet, psychothérapeute

Il y a quelques années, j’ai quitté le domicile familial. Ce départ était une folie, une fuite. C’était également la seule issue possible. J’étais épuisée par des années de vie avec le père de mes enfants et je sais aujourd’hui pourquoi : cet homme est un pervers narcissique.

J’ai commencé à évoquer cette hypothèse après quelques lectures sur le sujet. Le malaise grandissait en moi mais je refusais d’accepter cette idée. La révélation, le déclic, la certitude, je les ai eus en écoutant une conférence.

« L’emprise, la comprendre pour s’en libérer » | Anne-Laure Buffet, psychothérapeute

La conférencière commence par raconter l’histoire de Pierre et Lucie, qui se rencontrent sur les bancs de la fac. Pierre est plutôt bel homme, charmeur, agréable. Il s’intéresse très vite à Lucie, une étudiante calme, réservée, plutôt bonne élève. Lucie est flattée que Pierre s’intéresse à elle… le piège se met en place.

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