« Vous êtes des privilégiés »

Comment la comparaison sociale permet d’accepter, voire de légitimer, la violence intrafamiliale. Témoignage d’une victime « privilégiée ».

[Avertissement de contenu : violence éducative, holocauste, esclavage, violence conjugale, viol]

Photo Unsplash : Ratiu Bia

En voulant trier un classeur dédié à mon parcours de vie et à mes notes en psychologie, j’ai retrouvé un article de Muriel Salmona : Comprendre l’emprise pour mieux protéger et prendre en charge les femmes victimes de violences conjugales. Curieuse de savoir pourquoi je l’avais imprimé (ce que je ne fais généralement pas), j’ai relu ce document.

Dans cet article, Muriel Salmona nous explique comment une femme peut être réduite en esclavage par son bourreau, par des mécanismes psychiques qui lui ôtent toute volonté et toute capacité de s’extraire de l’emprise.

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Sortir du silence

Comment la lecture d’un livre m’a aidée à rompre le silence familial pour dire ce qui n’avait jamais été dit.

Photo Unsplash : Scott Umstattd

Anne-Laure Buffet aura eu un rôle décisif dans mon parcours : grâce à sa conférence « Comprendre l’emprise », j’ai pu acquérir la certitude que j’avais été victime. C’était il y a deux ans. Aujourd’hui, confrontée à des problématiques familiales fortes, j’ai eu envie (besoin ?) de lire son dernier livre : Les prisons familiales.

Les prisons familiales, Anne-Laure Buffet
Éditions Eyrolles, mai 2019, 192 pages

« Se reconnaître victime pour ne plus jamais l’être« 

Tels sont les mots inscrits au dos du livre. Un ouvrage divisé en trois parties : un schéma emprisonnant (sur les mécanismes de la violence psychologique), prisonniers familiaux (enfant maltraité, adulte en souffrance), de l’évasion à la liberté (thérapie et résilience).

Je ne livrerai pas ici une analyse détaillée du contenu de ce livre car j’en suis incapable. Pour être honnête, j’ai eu du mal à lire correctement ce livre, car je suis très très très fatiguée en ce moment. Depuis quatre semaines, mon sommeil est perturbé, mes nuits sont hachées et je me sens prête à sombrer dans un deuxième burn out.

La première partie a été pénible à (re)découvrir. J’ai beau connaître les mécanismes de la violence, j’ai toujours du mal à comprendre comment un tel engrenage est possible, comment des êtres aussi insensibles et abjects peuvent exister, comment ils peuvent ainsi détruire à petit feu des femmes (le plus souvent) qui ne demandent qu’à être aimées.

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