Être sujet

Mercredi, je suis allée marcher sur la plage. Avais-je le droit de le faire ? Là est la question…

Voici ce qui s’est passé. J’allais arriver chez le dentiste et j’avais trente minutes d’avance. La route qui mène au cabinet dentaire est la voie directe pour rejoindre la mer. Au lieu de prendre la sortie vers le village, j’ai poursuivi mon trajet jusqu’à la plage. Je suis restée quinze minutes sur le sable. Le vent me caressait les joues. Le murmure des vagues me berçait doucement. J’ai fermé les yeux. Le soleil a percé timidement les nuages pour venir me taper sur l’épaule. Je me suis retournée pour lui sourire.

C’est une scène anodine en apparence. Et pourtant…

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De l'envie d'écrire

Image : Andrew Neel

Il y a deux ans, à cette date, je travaillais sur mon premier roman. Le deuxième, en réalité, car j’avais déjà écrit une sorte d’auto-fiction qui restera à jamais privée tant elle est intimiste (et sans intérêt).

Pour ce premier roman, donc, je m’étais inscrite sur Scribbook, une application qui permet de gérer facilement ses projets d’écriture : organisation des différents textes, chapitres, projets en cours, éditeur, outils d’analyse (dont un syllaber salutaire pour tout poème en vers).

En 2018, j’ai auto-édité mon premier roman. Puis ma muse s’est enfuie. J’ai tout supprimé : mon compte Scribbook, mes liens avec la communauté des auteurs sur Facebook, le blog que je tenais alors et les textes que j’avais publiés en ligne. Tout. Game over.

Deux ans plus tard, l’envie d’écrire me titille à nouveau.

Alors ce matin, j’ai repris ma plume, c’est-à-dire mon clavier… et je me suis réinscrite sur Scribbook. Pour une raison simple (et dérisoire) : le tableau de bord Scribbook me dira chaque jour combien de signes j’ai alignés sur l’écran. Ce qui m’aidera à avancer, à petits pas.

Fragile

Certaines mélodies s’imposent à nous sans prévenir. Elles nous trottent dans la tête, l’air de rien, comme des messages de notre inconscient.

La pluie tombera comme les larmes d’une étoile

If blood will flow when flesh and steel are one
Drying in the colour of the evening sun
Tomorrow’s rain will wash the stains away
But something in our minds will always stay
Perhaps this final act was meant
To clinch a lifetime’s argument
That nothing comes from violence and nothing ever could
For all those born beneath an angry star
Lest we forget how fragile we are

On and on the rain will fall
Like tears from a star, like tears from a star
On and on the rain will say
How fragile we are, how fragile we are

Diagnostic…

Question du jour : suis-je dépressive ? Ou victime d’un syndrôme de stress post-traumatique ?

Ce matin, j’ai pris rendez-vous chez mon médecin, suite à des épisodes migraineux répétés depuis fin décembre. Il m’a arrêtée pour huit jours. Nous nous reverrons vendredi pour évaluer la progression des symptômes : les maux de tête et migraines ophtalmiques auront-ils diminué ? D’ici là, j’ai rendez-vous chez ma psychologue. Le médecin généraliste m’a demandé d’évoquer avec elle un possible diagnostic de dépression. Je l’ai regardé, étonnée, et lui ai dit que je ne me sentais pas dépressive, n’ayant aucun sentiment de tristesse ou de vide. Je ne pleure pas. Mon état émotionnel est lisse, calme. Je ne ressens pas le malaise et la déprime qui m’avaient envahis en 2008.

Loin d’avoir perdu toute envie d’agir, je suis au contraire motivée pour avancer dans ma nouvelle vie, sortir de l’emprise, prendre soin de mes enfants et m’occuper de ma santé. Cependant, il semble que mon enfance et mon passé me rattrapent : cauchemars, souvenirs, flash-backs… Mon sommeil est perturbé, alternant entre insomnies et hypersomnie.

Tout ceci m’a rappelé un blog que j’apprécie particulièrement : Survivre & s’épanouir. Il y est question du SSPT = syndrôme de stress post-traumatique (PTSD en anglais).

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Regarder dans le miroir

Dernier jour de l’année. L’heure du bilan ?

Photo : Ethan Hoover

2019 a été une année compliquée, mais décisive. Il y a un an, deux de mes enfants vivaient avec leur père et l’aînée était partie étudier dans une autre ville. Aujourd’hui, leur résidence est fixée à mon domicile, par décision judiciaire, et ils vivent à nouveau tous les trois sous mon toit. C’est une grande victoire. Un immense soulagement.

Une page se tourne. La page de ces années de solitude, loin d’eux, où je tentais de comprendre comment j’en étais arrivée là. Pourquoi avoir quitté en 2014 un homme auquel on ne pouvait rien reprocher, un homme avec lequel je formais « un beau couple » ? Pourquoi avoir mis fin à 17 ans de vie commune alors que nous pensions déjà à la retraite et économisions pour acheter notre futur appartement ?

Quelle mère étais-je pour oser quitter ainsi mes enfants ? Aller vivre seule dans un studio, comme une étudiante. Quelle folie ! D’où venait ce besoin vital de solitude ?

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