[Texte] Plaisirs d’Orient

Pour le challenge écriture de la semaine, Marie Kléber nous a concocté une consigne bien corsée :

Je vous invite à écrire un texte à partir de la citation suivante de Christian Bobin: “Je m’allongerai sous tes paupières. Lorsque tu les baisseras pour t’endormir, je lancerai de l’or dans ton sommeil. De l’or et des songes pareils à des nuages”, en utilisant TOUS les mots suivants: sacre, sensualité, sucré, sensible, sublimation, solitude, saltimbanque, sagesse, sourires, secondes.

Dix mots à placer, un thème féerique… pour un texte onirique (j’avoue m’être fait plaisir à jouer avec les mots et à varier le vocabulaire, pour viser un lexique soutenu).

Photo Unsplash : Sharon Mc Cutcheon

Saltimbanque de tes rêves, je m’inviterai dans la solitude de tes nuits. Ensemble, nous voyagerons jusqu’aux confins de l’Orient pour assister au sacre de Shéhérazade.

Voilée d’azur et parée d’or, la princesse dansera pour nous en une parade fabuleuse, où grâce et sensualité viendront charmer nos sens. Ses sourires nacrés et ses longs cils papillonnants enivreront nos corps sensibles à la sublimation. Les vapeurs épicées et les effluves sucrés du buffet pantagruélique, alliés aux gorgées d’alcools rutilants, nous feront perdre le nord. Trouble langoureux. Transe extrême. Abandon. Extase suprême.

Après ces réjouissances, un bain tiède de lait d’ânesse où flotteront des pétales de roses écarlates nous apaisera. De longues secondes s’écouleront dans cette onde délassante. Le corps apaisé, les sens rassasiés, nous retrouverons la sagesse et regagnerons ton lit où je t’abandonnerai à la douceur du sommeil, qui te bercera jusqu’à l’aube.

[Texte] Traqué

Pour le challenge écriture de la semaine, Marie Kléber nous a proposé d’écrire un acrostiche. Voici mon texte.

Photo Unsplash : Randy Fath

Traqué

Les chiens aboient, agressifs, et détalent entre arbres et fougères

Hommes en colère, fusils au côté, cris, battue

Naissent la rage, la vengeance, l’appel du sang

Et devant la proie encerclée, tapie au sol, l’exaltation atteint son paroxysme

Demeurent deux inconnues : le choix du bourreau et la peine encourue

Libres d’infliger les pires sévices, torture, fer rouge, mutilation

Et d’ôter la vie à cet esclave marron évadé dans la forêt

Égaux sont la haine et la terreur pour étouffer la vie


Le premier mot de chaque ligne provient de l’article 1 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, adoptée le 26 août 1789. L’esclavage, aboli une première fois dans les territoires français en 1794, fut rétabli par Napoléon en 1802.

Si la traite négrière fut supprimée en 1815, l’esclavage dans les colonies perdura encore de nombreuses années. Il faudra attendre le 27 avril 1848 pour qu’un nouveau décret d’abolition soit voté et signé par le gouvernement, suite au combat de Victor Schlœcher. 250 000 esclaves furent alors émancipés.

Afin de sensibiliser les élèves de CM2 sur ce thème sensible, je travaillais avec eux sur trois textes documentaires que j’avais rédigés. Pour comprendre l’essentiel sur cette page douloureuse de L’Histoire.

[Texte] Café ou chocolat ?

Photo Unsplash : Nathan Dumlao

Le dialogue que vous allez lire a été écrit dans le cadre du challenge écriture #22 rproposé par Marie Kléber, à partir de cette photo :

Crédit MK
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[Texte] État d’urgence

Pour le Challenge écriture #21 lancé par Marie Kléber, j’ai choisi trois mots évoqués par ce collage :

Œuvre originale : Marie Kléber (& Fils)

Mes trois mots sont : mixité, colère, nature. À partir de ces mots a germé l’idée d’un texte (un peu) futuriste.

Note de l’autrice : Toute coïncidence avec une situation existant ou ayant existé serait purement fortuite…

État d’urgence

— « Pour cette édition spéciale, le professeur Charlie C19-243 est notre invité. Il souhaite s’exprimer au nom de la communauté scientifique pour dénoncer les choix politiques de ces dernières années. C’est bien cela, professeur ?

— Tout à fait ! Suite à la crise du pangolin hermaphrodite, les chercheurs en ethnologie animale, dont je fais partie, sont indignés ! Je veux exprimer, une nouvelle fois, nos mises en garde. Ce que nous vivons est logique : à trop vouloir nier la mixité, à trop essayer d’uniformiser le monde, nous avons anéanti la biodiversité !

— Pouvez-vous détailler votre propos pour nos auditeurs, professeur ?

— Comme vous le savez, le fonctionnement binaire a été rejeté par les citoyens lors de la Révolution Bleue. Au nom de la liberté individuelle, chacun a décidé de s’isoler. Ce fut une grave erreur que nous, scientifiques, avons dénoncé à l’époque. Malheureusement, nos instances dirigeantes ont entériné cette évolution en votant à l’unanimité pour le protocole sanitaire qui a conforté ce nouveau modèle de société. Tous pareils ! Tous unisexes ! Distanciation, disparition des genres mâle et femelle, stérilisation, inclusion, reproduction par clonage ou scissiparité. Nous avons joué avec la nature. Et nous payons aujourd’hui le prix de nos erreurs. Je vous le dis clairement : l’espèce humaine est menacée ! Les prévisions sont très pessimistes : tous les modèles statistiques prévoient une disparition complète de l’Humain d’ici 30 ans.

— Que propose la communauté scientifique pour ralentir, voire inverser, ce processus ?

— Les chercheurs, toutes spécialités confondues, veulent exprimer leur ras-le-bol face à l’inaction du Pouvoir. Vous l’avez compris : nous sommes en colère ! Ça fait des années que nous lançons des alertes que les dirigeants et les médias balayent d’un simple revers de la main. Cette colère doit devenir notre moteur pour une nouvelle révolution, un sursaut scientifique pour sauver l’espèce. La solution est simple : il nous faut revenir au système binaire. Et vite !

— Le système binaire ? Euh… Vous voulez dire la reproduction sexuée ? Comme à l’ère pré-numérique, quand les humains se… touchaient ?

— Oui. La reproduction sexuée qui, je vous le rappelle, peut s’effectuer par fécondation in vitro, en laboratoire. Même si nous, scientifiques, pensons qu’il faut revenir à l’accouplement fondamental, par contact et fusion de gamètes in vivo, un processus bien plus rapide et efficace.

— Hum ! C’est une possibilité que peu de nos auditeurs sont prêts à envisager, j’imagine. De toute façon, nous avons perdu le… comment dire…

 — Le mode d’emploi, vous voulez dire ? Nous y avons réfléchi, bien sûr. Il existe une solution.

— Laquelle ?

— Retrouvons les Autochtones ! Eux seuls possèdent encore la clé de ce savoir ancestral. Eux seuls peuvent nous aider à retrouver des relations authentiques, des contacts sains et un mode de reproduction naturel qui nous permettra de sauver Homo sapiens.