[Chronique] Journal d’une opération chirurgicale #2

Cette chronique a pour objectif de relater mon opération, mon hospitalisation et le début de ma convalescence pour le retrait des implants Essure.

[Elle fait suite à cet article, où j’explique ce que sont les implants Essure et comment se sont déroulés mes derniers jours avant l’entrée à l’hôpital (de J-6 à J-1).]

Première photo après l’opération, chambre du service ambulatoire, vers 15h

Jeudi 25 juin 2020 à 7h30, je traverse le hall presque désert du CHU. Je dois me rendre au service de chirurgie ambulatoire, au troisième étage. Seule dans l’ascenseur, je ressens un pincement au cœur, une onde d’espoir mêlée d’anxiété. Enfin, j’y suis ! J’ai tant attendu cette journée. Il me semble qu’à cet instant, dans cette cage en inox gris et froid, la grande aventure commence.

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[Chronique] Journal d’une opération chirurgicale #Essure

Passer sur le billard n’est jamais une partie de plaisir. Ma dernière opération remonte à juillet 2006 (ablation de la thyroïde) et je n’ai pas beaucoup écrit dans mon journal à cette époque. J’ai donc envie, cette fois, de garder trace de ce moment de vie.

Jeudi 25 juin, je dois me faire opérer par une gynécologue pour retirer les implants Essure. Ce sont des petits « ressorts » (comme des stens) que l’on insérait dans les trompes de Fallope pour les boucher et obtenir ainsi une stérilisation (ou, pour employer le terme consacré, une « contraception définitive »). Cette méthode, qui avait l’avantage d’être rapide et sans cicatrice (équivalente à la pose d’un stérilet) n’est plus pratiquée en France depuis 2017.

De nombreuses femmes porteuses d’Essure se sont plaintes d’effets secondaires. Ces implants constitués de matériaux synthétiques et métalliques entraînent un relargage de métaux lourds dans l’organisme (info du 3 février 2020). Si le lien entre Essure et ces symptômes reste encore à prouver, nombreuses sont les patientes qui demandent l’explantation pour être débarrassées de ces « bombes à retardement ». Il faut sectionner les trompes sans casser les implants (pour ne pas laisser de petit fragment dans le corps) puis tout retirer. Parfois une hystérectomie (ablation de l’utérus) s’avère nécessaire.

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[Chronique] Dialogue intérieur

Vous arrive-t-il de parler seul•e à voix haute ? Le soliloque est devenu pour moi un réel problème.

Photo Unsplash : Kristina Flour

Lors d’une longue insomnie, j’ai enfin compris ce qui me bloque depuis l’enfance : j’ai peur d’être seule. Peur de découvrir celle que je suis vraiment. Effrayée à l’idée d’avancer sans soutien, sans quelqu’un qui me tienne la main.

Je ne parle pas ici de vie conjugale. Je parle de la solitude ultime. Être seul•e avec soi-même. Jamais je n’ai été seule, vraiment, du plus loin que je m’en souvienne.

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[Lecture] Une longue impatience

Voici un roman magnifique que je vous recommande, un roman sur l’attente et l’amour maternel.

Une longue impatience • Gaëlle Josse
Editions Noir sur Blanc • 2017 • 192 pages

Nous sommes à la fin des années 40 quand Louis, 16 ans, disparait. Il quitte un jour le domicile familial pour s’engager comme marin et parcourir le monde. Commence pour Anne, sa mère, le temps de l’espérance et la blessure d’une longue impatience.

Anne attend le retour de son fils et lui écrit des lettres pudiques où elle imagine les réjouissances qui accompagneront leurs retrouvailles. Elle y évoque les plaisirs simples de la vie, le partage d’un repas convivial, les regards d’une mère sur son fils, dont elle est si fière.

Le récit nous dévoile leur histoire, à mots feutrés. La vie en Bretagne pendant la guerre, la place de chacun dans le village, l’absence du père, disparu en mer, le deuxième époux, qui attendait son heure…⁣

C’est un roman ciselé comme un bijou, dans une langue précieuse et belle. Un destin de femme qui m’a émue aux larmes.⁣

Merci, Gaëlle Josse pour ces pages douces et poignantes.⁣