Une dépression ? Non merci

Suis-je dépressive ? Je ne crois pas. Et quand bien même, je le serais. Où est le problème ? La dépression est une maladie (presque) comme les autres. Analyse.

Photo Unsplash (recadrée) : Matthew Henry

Lors d’une séance chez mon thérapeute, nous avons évoqué le diagnostic différentiel : « Le diagnostic différentiel est l’identification d’une pathologie grâce à la comparaison entre eux des symptômes dus à plusieurs affections voisines que l’on cherche à différencier les unes des autres en utilisant un processus d’élimination logique ».

Le thérapeute m’a interrogée sur diverses affections, qui pourraient expliquer mes symptômes et difficultés actuels. Après quelques minutes d’échange sur ce sujet, il a conclu en me posant une question : « Vous semblez rejeter l’idée de la dépression. Qu’est-ce qui vous dérange dans la dépression ?«  Sur le moment, je n’ai pas trouvé de réponse. J’y ai réfléchi ensuite.

La dépression : qu’est-ce que c’est ?

Il existe de nombreuses références sur la dépression. Je vous résume ici la vidéo WhyDoc #32 de Corentin Lacroix, médecin généraliste.

La dépression (ou épisode dépressif majeur) est une maladie fréquente : elle touche 1 personne sur 5 au cours de sa vie. Elle est caractérisée par une chute durable de l’humeur. On reste coincé dans la tristesse, une tristesse intense et permanente. On voit tout en noir, on se trouve nul et on n’a envie de rien (vision pessimiste de soi et du monde). On est fatigué et on perd tout plaisir dans la vie. Le cerveau est endormi, les idées tournent au ralenti. Les fonctions automatiques du corps sont déréglées (sommeil, appétit, libido) et des troubles somatiques peuvent apparaître (maux de tête, cœur qui s’emballe, bouffées de chaleur, douleurs dans le ventre…). Ces symptômes durent plus de deux semaines, contrairement à une simple phase de déprime.

Si on laisse la dépression s’installer, ça risque de se compliquer. Le principal risque est le suicide (10 000 Français sont touchés chaque année). Il n’est pas honteux d’avoir des idées suicidaires. Il faut en parler (appeler le 15 ou un numéro gratuit comme Suicide écoute : 01 45 39 40 00).

Pour tenter d’aller mieux, certaines personnes souffrant de dépression peuvent sombrer dans les addictions (tabac, alcool, drogues…) ou l’auto-mutilation, chercher du réconfort dans la nourriture ou, à l’inverse, se priver de nourriture. Sur le long terme, ces stratégies vont aggraver la situation. La personne vit un véritable enfer.

Il y a plusieurs moyens de soigner la dépression, qu’on peut combiner entre eux. Le premier est la psychothérapie, pour comprendre ce qui se passe et recevoir de l’aide (la psychothérapie est comme une carte pour savoir où on est et où il faut aller pour s’en sortir). Parfois, on a besoin d’une béquille pour avancer : les médicaments (anxiolytiques à court terme pour calmer les angoisses et/ou anti-dépresseurs sur plusieurs mois pour remonter la pente). Les compléments alimentaires n’ont pas d’effets prouvés. L’activité physique est essentielle (marcher, nager, courir, bouger…) dès que c’est possible. Si la dépression s’installe (dépression sévère et résistante), d’autres traitements spécifiques peuvent être envisagés.

L’origine de la dépression n’est pas clairement connue. Elle comporterait une part génétique et une part liée aux événements de vie comme les traumatismes répétés qui pourraient modifier le fonctionnement du cerveau (on observe notamment que la sérotonine est produite en plus petite quantité, ce qui perturbe les communications neuronales). Certaines zones du cerveau sont touchées et fonctionnent moins bien, comme le cortex préfrontal, qui aide à prendre les décisions, et l’hippocampe, qui s’occupe de la mémoire.

Les clichés sur la dépression sont nombreux, stigmatisants, et empêchent certaines personnes de se soigner.

Une autre vidéo intéressante – Psykocouac #9 – explique le principe de l’impuissance acquise. L’impuissance acquise est liée à une dévalorisation constante : si un individu est sans cesse critiqué sur ce qu’il fait ou dit, son cerveau finit par intégrer le fait que ses actions n’ont aucun effet. L’activité diminue et la dépression peut s’installer. La dépression peut être réactionnelle, suite à un événement isolé, ou endogène si l’impuissance a été apprise depuis l’enfance.

Des facteurs externes comme la luminosité ou internes comme le taux d’hormones thyroïdiennes peuvent influer sur l’humeur. Certaines personnalités ont une vision négative du monde et d’eux-mêmes acquise dans l’enfance et ont d’autant plus de difficultés à sortir du cercle vicieux de la dépression. La psychothérapie aide la personne à retrouver une vision du monde plus réaliste et à reprendre confiance en ses propres capacités. La vidéo détaille les thérapies possibles.

La dépression modifie le cerveau (vidéo Psykocouac #9.1 Dépression et cerveau). Il faut 6 à 12 mois pour que le cerveau cicatrice et retrouve ses fonctions cognitives.

La dépression et moi

Maintenant qu’on sait tout ça, revenons à la question de mon thérapeute : pourquoi ai-je des réticences concernant le diagnostic de dépression ?

On l’a dit, les clichés sur la dépression sont nombreux : c’est une maladie imaginaire pour hypocondriaque… ou juste un coup de mou… qui touche surtout les femmes… dans laquelle elles s’enferment pour se (faire) plaindre… ou parce qu’elles n’osent pas se « bouger le cul » pour aller mieux.

Pendant l’emprise, plusieurs fois, on m’a renvoyé cette image de personne dépressive. Je me battais au quotidien pour avancer dans la vie, prendre en charge mes diverses responsabilités, m’occuper de ma famille, faire au mieux mon travail… et quand il m’arrivait d’aller chez le médecin, il brandissait souvent cette idée d’une dépression sous-jacente. Comme une carte joker, un leitmotiv… Ce n’était pas ça que j’attendais. Je voulais de la reconnaissance, de l’écoute, du soutien. Je ne voulais pas être déclarée malade. Inconsciemment, je savais ou plutôt je « sentais » que le problème ne venait pas de moi, mais de l’extérieur.

Pendant toutes ces années, j’ai souvent eu l’impression d’être engluée dans une poisse qui me collait à la peau, comme une spirale, un boulet accroché à mon pied qui me tirait vers le bas. Sans le savoir, j’étais enfermée dans ce cercle vicieux de l’impuissance acquise. Quoi que vous fassiez, vous finissez toujours par vous heurter à un mur. Les obstacles, les critiques, les échecs étaient mon lot quotidien. Et je me battais sans cesse contre ça, pour avancer, pour positiver, pour donner le meilleur à mes enfants. Malgré la fatigue chronique.

Cyrinne Ben Mamou en parle très bien dans sa vidéo sur les caractéristiques du traumatisme, sous le terme d’aliénation (voir ici à 40:03). Il ne s’agit pas de dépression mais de trouble physiologique (traumatisme). Bon, je reconnais que la frontière est mince. Alors, finalement, suis-je dépressive ou l’ai-je été ?

En 2006, j’avais tous les symptômes : fatigue intense, difficulté à agir au quotidien, idées noires, troubles cognitifs (pour trouver mes mots, me souvenir de ce que j’avais à faire, résoudre des calculs simples…). Une prise de sang a orienté le diagnostic : hypothyroïdie. Je me suis fait opérer, j’ai pris des hormones thyroïdiennes pour remplacer la thyroïde désormais absente et j’ai retrouvé un équilibre… précaire.

Deux ans plus tard, rechute. Alors là, le médecin a de nouveau sorti la carte Dépression. Et j’ai eu droit à une psychothérapie (qui n’a duré que quelques semaines) et à un traitement anti-dépresseur (pendant un an). En 2009, nous avons changé de région : déménagement, nouveau poste. Bouleversement complet. J’ai arrêté le traitement et voulu prendre un nouveau départ. J’ai tenté de reconstruire ma vie sur ces nouvelles bases. Mais les difficultés ont persisté, le sentiment d’impuissance n’a fait qu’augmenter au fil des mois… et ça a abouti à la rupture en 2014. Le problème était ailleurs car le vrai problème, c’était l’emprise (mais ça, je ne devais le comprendre que bien des années plus tard, en 2019).

Pendant mon année sous anti-dépresseur, j’ai accepté de dire que je « faisais une dépression ». Et comme j’aimais beaucoup les forums, à l’époque, j’ai cherché un forum sur la dépression. Je m’y suis inscrite. J’y ai rencontré des personnes fragiles, à fleur de peau, qui se battaient chaque jour pour faire de petits progrès face à la maladie et qui partageaient leur quotidien avec bienveillance. Sur ce forum, j’ai apprécié l’entraide et le soutien des membres. Et j’ai compris ce qu’était vraiment une dépression sévère en lisant les témoignages et les échanges. Quand j’en ai parlé ensuite à mon médecin, il m’a avoué que ma « dépression » n’avait rien de comparable à ces états graves. Il s’agissait, dans mon cas, d’une déprime qui s’était installée. Je ne sais donc pas si j’étais vraiment « en dépression » comme on dit. Ça y ressemblait… mais ça n’était peut-être pas ça.

Et maintenant ?

Maintenant, j’ai toujours un blocage avec cette carte diagnostique. Pourquoi ? Parce qu’il me semble que ce joker est trop facile à sortir. Et qu’il conduit trop souvent à prescrire des médicaments, sans chercher vraiment la cause réelle des troubles du patient.

Je ne suis pas médecin. Je sais que je n’ai pas à remettre en question les diagnostics. Je sais que je dois écouter les conseils et prescriptions, au risque de passer à côté d’une vraie dépression et de ne pas la soigner à temps.

Cependant, la frontière est très mince entre syndrome de stress post-traumatique, burn out et dépression. Les symptômes se rejoignent, les difficultés se croisent. Juste après mon effondrement en janvier 2020, j’ai fait ce tableau comparatif :

Tableau comparatif SSPT / burn out / dépression, 14 janvier 2020

Je pouvais cocher des cases (ou plutôt colorier des mots) dans les 3 colonnes. Un psychiatre à qui j’ai montré ce tableau pour comprendre de quoi je souffrais m’a répondu : « Prenez cet anti-dépresseur pour stabiliser votre humeur et on en reparlera dans 6 mois ». Je ne voulais pas entendre ça. Je voulais une réponse claire !

Depuis, j’ai compris que le diagnostic en psychiatrie ne fonctionne pas comme le diagnostic somatique : on ne diagnostique pas un trouble de la personnalité, par exemple, comme on diagnostiquerait une grippe. Ce n’est pas en listant des symptômes qu’on trouve la maladie dont souffre le patient, c’est en écartant des maladies une à une qu’on finit par trouver ce qui explique un faisceau de symptômes (diagnostic différentiel, qui peut prendre des années).

Avec le recul, je me dis que je souffrais peut-être de dépression à cette époque. Mais j’ai préféré le nier. J’ai refusé de prendre des anti-dépresseurs, car ils ne sont pas conseillés en cas de stress post-traumatique (cf. Le corps n’oublie rien, de Bessel Van der Kolk). J’ai consacré mon temps et mon énergie à faire une psychothérapie et à construire de la puissance, comme le conseille Cyrinne Ben Mamou. Pour comprendre ce qu’elle veut dire par là, vous pouvez lire à ce sujet mon article Traumatisme et résilience.

Il est dit dans la vidéo de Psykocouac que le cerveau met 6 à 12 mois à se soigner après une dépression. Dans mon cas, que ce soit ou non une dépression, il a fallu du temps pour aller mieux. Les migraines se sont arrêtées 5 mois après le burn out (j’utilise le terme burn out, terme facilement compris et accepté par tous, même si je pense que mon effondrement dépassait l’unique sphère professionnelle). J’ai retrouvé peu à peu mes facultés intellectuelles, ma capacité de concentration, ma mémoire. Les acouphènes ont persisté pendant 18 mois. J’espère qu’ils ne reviendront pas.

Aujourd’hui, je ressens à nouveau cet élan vital que j’avais perdu, du plaisir à faire des activités personnelles, l’envie d’avancer. Je poursuis ma quête d’identité. Une identité qui ne peut pas se résumer à une maladie : définir une personne en disant « elle est dépressive », c’est nier tout ce qui fait sa personnalité. C’est peut-être également pour cela que je fuis tout diagnostic de dépression.

Non, je ne suis pas dépressive. Et si j’ai pu souffrir de dépression il y a quelques mois, je peux dire aujourd’hui que je vais bien, merci.

Et vous ? Avez-vous été confrontés à la dépression, pour vous ou l’un de vos proches ? Avez-vous des idées reçues ou des réticences vis-à-vis de cette maladie ?

16 réflexions sur “Une dépression ? Non merci

  1. Bonjour Nina,

    En partant de mon expérience et sans être un spécialiste je crois que même si les causes sont multifactorielles… il y a une part génétique non-négligeable dans la dépression.

    Du moins c’est ce que je crois et le simple fait de croire à ça m’a enlevé une pression inutile. Quand on a des tendances dépressives, il faut installer des garde-fous et être soi. Tout un programme 😁

    N. B. Je suis d’accord avec toi, la médication masque le soucis sans le résoudre.

    1. Bonjour Johan,

      Me dire que la dépression a des causes génétiques aurait plutôt tendance à me mettre la pression, au contraire. Comme une sorte de fatalité qui colle à la peau…

      Je m’interroge surtout, et toujours, sur l’origine du mal-être d’une personne. S’il s’agit d’emprise (pour parler de ce que je connais), soigner la dépression apportera, dans le meilleur des cas, un mieux-être temporaire, mais la rechute est presque assurée, tant qu’on n’a pas coupé le mal à la racine.

      Ainsi, je pense que certains médecins ou psychologues devraient être mieux formés au traumatisme et aux violences pour pouvoir guider la personne dans son parcours de soin, l’aider à sortir du trauma, l’accompagner dans sa reconstruction, la soutenir pour retrouver identité et estime de soi.

      Quand les causes sont liées à l’enfance, c’est peut-être un peu différent. Comme tu le dis, il faut apprendre à être soi et développer la croissance, qui donne confiance et permet de lutter contre l’impuissance acquise.

      Pour ma part, j’ai compris très récemment que j’avais besoin de laisser s’exprimer ma créativité. Et que s’occuper de son corps est essentiel aussi (sommeil, alimentation, activité physique). On a trop tendance à se concentrer sur le psychisme.

      Bonne journée, Johan 🔆
      (Vis-tu proche des zones qui ont subi des inondations ?)

      1. Bonjour Nina,

        Oui nous réagissons tous différemment, c’est d’ailleurs pour ça que le traitement doit être personnalisé et non généraliste à mon humble avis (qui vaut peanuts 😁)

        N. B. Nous vivons à Liège mais nous avons été, miraculeusement, épargnés dans mon quartier. Cela s’est joué à 20 centimètres près… Il y a certaines rues qui sont devenues le quart monde en une journée 😢

      2. Bonjour Johan,

        Ce doit être terrible de voir sa ville ainsi inondée. Je te souhaite de pouvoir aider les sinistrés. Rien n’est plus pénible que le sentiment d’impuissance. Face à la nature, cependant, il faut savoir parfois s’avouer vaincu, en toute humilité. Et accepter les défis qu’elle nous envoie.

        Tous mes encouragements aux personnes confrontées à cette épreuve. 💚

  2. Bonjour Nina
    Ton article est précieux par son témoignage et par les solutions que tu as envisagé . Je t’apporte un temoignage indirect qui m’a été donné par une praticienne en énergétique chinoise. Elle m’a dit avoir sorti une femme d’une profonde dépression par cette technique. J’ai moi-même été soigné par elle pour un mal de dos chronique que j’attribuais au travail. En fait, c’était lié à un trauma psychologique correspondant à un intense mais bref moment de mon existence. Elle m’a expliqué qu’une psychothérapie utilise les mots comme des clefs sur le psychisme mais n’agit pas sur le corps. Inversement, un praticien qui agit sur le corps n’aborde pas forcément la partie psyché et les mots.
    Elle a utilisé les deux. Accupressions sur le corps sur des meridiens tout en faisant parler le patient de ses problèmes ou de sa vie. Elle a trouvé chez moi l’origine du noeud en trois séances et depuis je n’ai plus eu ce mal chronique.
    Essaie peut-être cette solution avec une personne réputée en ce domaine.
    Bien à toi
    Alan

    1. Merci Alan pour ton commentaire et ton témoignage.
      Tu as raison : il faut agir sur le psychisme mais aussi sur le corps. Tu as eu de la chance de rencontrer cette praticienne.

      Pour ma part, je teste depuis 3 mois la méthode TRE de David Berceli pour aider le corps à éliminer les tensions traumatiques. J’espère pouvoir écrire un article sur cette méthode (en attendant, pour ceux que ça intéresse, il y a des vidéos sur Youtube ; tapez « TRE Berceli »).
      J’ai moi aussi moins de douleurs dorsales.

      Amicalement,
      Nina

      1. Oui he trouve que les solutions psycho-corporelles sont intéressantes à condition de ne pas tomber sur un praticien trop barré dans les hauteurs spirituelles.
        Les mots « impuissance acquise » et « aliénation » dans ton article m’ont beaucoup parlé. Sortir d’un conditionnement et de clichés n’est pas chose facile. Ne rien faire, prendre du temps que pour soi ou jouir de la vie pour son bien être au delà de la morale des autres n’est pas chose facile pour tout le monde mais nécessaire pour être en accord véritable avec soi, le vrai moi, l’authentique.

      2. N’hésite pas à regarder les vidéos de Cyrinne Ben Mamou sur le traumatisme. Elle explique très bien le rôle du corps et donne des pistes pour aller vers la croissance post-traumatique. Cela m’a beaucoup inspirée.
        Bonne soirée, Alan

  3. Bonjour Nina,

    Alors je me retrouve un peu dans ton témoignage : Il y a quelques années, lorsque je souffrais de stress-post-traumatique ( à ce moment-là le diagnostique n’avait pas été encore posé ), je me sentais si mal que je suis allé en parler à mon médecin, qui lui, me diagnostique directement une dépression. Tout ça en un quart d’heure. Il m’avait prescrit des anti-dépresseurs que j’ai toujours refusé de prendre et des anxiolytiques que j’ai pris pendant des années car ils me calmaient. Mais ça ne changeait rien au problème de fond. Personnellement je ne me suis pas gênée pour remettre en question son diagnostique. Il est peut-être médecin, mais il n’est pas dans mon corps ni dans ma tête et n’a pas non plus pour autant la science infuse. Je savais au fond de moi que ce n’était pas une dépression. J’ai toujours fait confiance à mes propres ressentis et au langage de mon corps. J’ai été voir plusieurs médecins jusqu’à ce qu’il y en ai un qui enfin m’interroge sur mon vécu et qui commence à me parler de stress post-traumatique. Suite à ça, j’ai fait une thérapie et c’est ce qui m’a entre autre sauvée.

    Pour répondre à ta question principale, je n’ai aucun jugement sur cette maladie et comme tu le partages si bien ça ne définit pas une personne.

    Je t’embrasse et te remercie pour ce partage Nina !
    A très vite

    1. Bonjour Sand,

      nous avons eu le même parcours et le même ressenti : se dire que ce n’était pas une dépression. Pourtant il est difficile de faire face au médecin et au doute. Comme toi, j’ai refusé de prendre l’anti-dépresseur mais dans les moments down, je me disais que c’était peut-être une erreur.

      Il y a une pression médicale forte… et la pression administrative. J’ai fait une demande de Congé Longue Maladie (qui, au final, a été inutile car j’ai réussi à reprendre le travail en septembre 2020).
      Pour motiver cette demande, il fallait l’avis du psychiatre et l’ordonnance indiquant la prescription de médicaments. Le message sous-jacent semble être : si tu ne prends pas de traitement, tu n’es pas vraiment malade.
      Il faut vraiment que nos pays occidentaux progressent au sujet des maladies psychiques et des réponses apportées aux patients.

      Comment as-tu été soignée pour le stress post-traumatique ? Y a-t-il des thérapies spécifiques ?
      Pour ma part, j’ai un suivi classique (et gratuit) au CMP de ma ville. C’est bien mais je doute que ça puisse résoudre tous mes problèmes. Je fais toujours des cauchemars, sur des thèmes récurrents (autorité, perte de contrôle, intimité)

      Bonne semaine, Sand 🔆
      (j’ai écouté ta vidéo ; ça risque de secouer pas mal, émotionnellement)

  4. Il est vrai qu’il faut absolument que nos médecins se forment davantage. Ils ne sont pas du tout formés pour cela. Comme la police d’ailleurs. C’est tout un système à revoir.

    De mon côté j’ai fait face à mon médecin et aux autres aussi. Quand je suis convaincue de quelque chose, je ne lâche rien. Ceci dit pour ce qui est de l’administratif, je prenais l’ordonnance au début, et j’allais à la pharmacie. Les anti-dépresseurs restaient à la maison, je n’y touchais pas. Les fois suivantes, j’ai carrément refusé l’ordonnance en expliquant à mon médecin que mon psy était contre les anti-dépresseurs ( me concernant en tout cas), et que si ça ne lui convenait qu’il en parle avec mon psy et pas avec moi.

    Je n’ai jamais été en arrêt maladie, j’ai refusé également car je savais que ce n’est pas ce qu’il me fallait. Chaque cas est différents tu sais.

    Mon psy est indépendant, il a son propre cabinet. Il est spécialisé en traumatismes, stress-post-traumatique et abus ( sexuels et psychologiques ) Il m’a suivi pendant un an toutes les semaines et aujourd’hui nous restons en contact, en cas de besoin.

    Comment je me suis débarrassée de mon stress post traumatique ? Ce sera le sujet d’une prochaine vidéo car j’ai beaucoup à partager. Mais pour aller à l’essentiel, la thérapie, la compréhension, l’acceptation et le détachement. Ça m’a demandé beaucoup de travail, de recherches, de lectures, de formations, d’échanges, de coaching aussi afin de trouver un sens à tout ce que j’avais vécu enfant et par la suite avec les hommes avec lesquels je m’engageais et qui me faisaient revivent mon ancien trauma.

    Je pense tourner cette vidéo en août.

    A bientôt Nina, je suis là si tu as besoin. Continue ton cheminement, tu es sur la bonne voie.

    1. Merci Sand 💙
      C’est très inspirant d’avoir des témoignages comme le tien. Cette vidéo sera utile et bienvenue. Je te souhaite bon courage pour la réaliser, car ça n’est pas facile de revenir sur nos traumas, même si la thérapie a apaisé ta souffrance.
      À bientôt, bises

      1. Merci Nina, oui en effet ce n’est pas facile. Il faut que je la prépare cette vidéo, que je prenne des notes, que je me souvienne de toutes les étapes ect Ect.. ‘mais je pense que c’est utile de la faire afin que cela puisse aider les autres personnes qui souffrent comme j’ai pu souffrir par le passé.

    2. Et j’ai oublié une étape qui a été très très libératrice : prendre la parole face camera pour raconter mon histoire. Ça, ça a vraiment été une grande étape de libération et la meilleure chose que j’ai pu faire. Si j’avais su à quel point ça m’aiderait à reprendre le pouvoir de ma vie, je l’aurais fait bien avant pourtant mon psy m’y encourageait depuis des mois.

      1. Tu veux dire : lorsque tu as créé ta chaîne Youtube ? C’est vrai que cette première vidéo était très émouvante.
        J’aime suivre ton évolution en vidéo. On perçoit bien chaque semaine ton état d’esprit, ta forme physique, ton dynamisme… et tu progresses vraiment. C’est impressionnant et très motivant.
        Bravo pour avoir osé franchir cette étape ! 🏆

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