Rayons de lune #21-06

Que s’est-il passé en juin ? Mois sans chocolat, suivi du sommeil, réflexion pro et cardinal de Richelieu.

Photo Unsplash (recadrée) : Elena Elena

Mois sans (carrés de) chocolat

Je suis une addict du chocolat, surtout le chocolat noir en tablette. Depuis deux ans, j’en mangeais au moins un carré chaque soir, parfois deux, trois… ou plus si j’étais déprimée. Il m’arrivait aussi d’en prendre après le repas du midi. Je ne pouvais pas m’en passer. Une sorte de dépendance s’était installée.

En mai, j’ai commencé à m’interroger sur mon sommeil (j’y reviendrai tout à l’heure) et notamment sur mes réveils nocturnes, souvent liés à une envie d’uriner. Pourquoi me réveillais-je ainsi en pleine nuit ? J’avais déjà supprimé la tisane du soir, pour éviter d’avoir la vessie pleine à 3 heures du matin. Et pourtant, je me levais toujours pour la même raison. Je me suis donc demandé s’il n’y avait pas un aliment diurétique dans mon alimentation, qui pourrait stimuler l’élimination.

Quelques articles sur le chocolat comme celui-ci m’ont confirmé que la théobromine qu’il contient a bien une action sur les reins. Le chocolat est diurétique.

Afin de voir si l’arrêt du chocolat pouvait améliorer mon sommeil, j’ai donc décidé de me lancer un défi : ne pas manger de carré de chocolat au mois de juin. Je précise bien « carrés de chocolat » car j’ai quand même consommé du chocolat dans certaines gourmandises sucrées : mousse au chocolat, brownie… (si je veux bien faire des efforts pour ma santé, vivre sans chocolat est tout simplement impossible pour moi !)

Bien que ce fut difficile les premiers jours, j’ai réussi mon pari ! (Bon, j’avoue : j’ai mangé un demi carré le tout dernier jour, le 30 juin, pour me récompenser de mes efforts !) L’arrêt du chocolat a été plutôt bénéfique en terme de confort digestif : je me suis sentie moins « encrassée », j’ai eu l’impression que je digérais mieux mes repas. Je crois même avoir maigri un peu (à vrai dire, je n’en suis pas certaine car je ne me pèse jamais). Mais cela a-t-il eu une répercussion sur mon sommeil ? C’est ce que j’ai cherché à savoir…

Suivi du sommeil

En mai, j’avais mis en place une routine de sommeil : cesser d’utiliser les écrans au plus tard à 21h, lire quelques pages dans mon lit pour favoriser l’endormissement, éteindre la lumière si possible à 22h (ma montre sonne à 6h en semaine). Mon objectif est de faire des nuits de 8h minimum le plus souvent possible.

Depuis plusieurs mois, je notais mon temps de sommeil sur ma fiche de suivi mensuel (vous pouvez voir une photo de cette fiche sur Rayons de lune #21-02). Puis je faisais un bilan en fin de mois : combien de nuits de plus de 8h avais-je faites ? Le souci est que cette donnée est floue : on peut dormir 8h d’une traite et avoir eu une nuit reposante, comme on peut dormir 8h en 2 ou 3 morceaux et se réveiller épuisée par l’insomnie. Il me fallait donc une visibilité sur le déroulement de mes nuits.

J’ai trouvé la solution grâce à une vidéo de H Paradoxae sur le bullet journal, où il évoquait son graphique de suivi de sommeil. En revanche, la forme qu’il a adoptée ne me semblait pas complètement satisfaisante. J’ai donc pris une feuille à petits carreaux et j’ai créé mon propre outil. Voici ce que ça donne à la fin du mois :

Graphique de suivi de sommeil, juin 2021

Ce que je vois sur ce graphique :

  • J’ai fait 14 nuits « vertes » de plus de 8h donc je progresse (en mai, il y en a eu 12).
  • Ces nuits sont encore parfois coupées par des réveils nocturnes (trait horizontal) mais il y a maintenant des nuits complètes, sans réveil.
  • Il y a des nuits jaunes (moins de 8h) qui sont complètes et auraient pu être vertes si je m’étais couchée plus tôt.
  • En fin de mois, le graphique montre que les heures de coucher sont plus régulières.
  • J’ai malheureusement une fâcheuse tendance à me réveiller avant le réveil (vers 5h du matin, voire 4h). Parfois, je me lève, je prends mon petit déjeuner, je travaille un peu… et je me recouche pour me reposer (hypnose ou sommeil) jusqu’à 7h30, heure limite à laquelle je dois me lever pour prendre ma douche et partir au travail.
  • Les mauvaises nuits (jaunes ou oranges) se suivent parfois, mais en général, la troisième nuit est verte. Je sais donc maintenant que si j’ai une mauvaise nuit, ce n’est pas grave, je récupérerai bientôt par une bonne nuit, ce qui m’aide à accepter plus facilement les aléas du sommeil (réveils nocturnes, insomnies, cauchemars).

Vous devez penser qu’élaborer ce type de graphique est contraignant. Moi, je trouve ça au contraire très stimulant ! Quand je fais une bonne nuit, je suis contente d’aller colorier ma barre en vert le matin. Et quand la nuit me semble avoir été pourrie, le graphique m’aide à relativiser : en comptant les carreaux (2 carreaux = 1h de sommeil), je m’aperçois souvent que j’ai dormi 6 ou 7h au total, ce qui n’est pas si mal.

Je vais poursuivre ce graphique en juillet. Comme je vais être en vacances, cela va m’aider à voir quel est mon rythme naturel de sommeil, combien d’heures de sommeil il me faut pour être en forme, afin d’adapter ensuite ma routine quand je reprendrai le travail. Si ce sujet vous intéresse, je vous invite à regarder cette vidéo : Sommeil, comment le réparer (interview du Dr Joëlle Adrien, neurobiologiste)

Une autre vidéo m’a été utile : Insomnie | Psykocouac #18. Elle m’a permis de comprendre qu’une insomnie dure 1h30 en moyenne et que le lit, c’est fait pour dormir. Quand, suite à un réveil nocturne, je sens que je suis vraiment bien réveillée et que le sommeil ne reviendra pas, je me lève et je fais autre chose (une activité sans écran, comme lire, corriger des cahiers ou préparer ma classe, au lieu de le faire à 7h). Puis je prends mon petit déjeuner et je me recouche jusqu’à 7h30. Il me reste alors juste le temps de prendre ma douche avant de partir travailler.

Réflexion professionnelle

Ce mois de juin a été centré sur le travail, comme tous les mois de juin depuis que je suis enseignante. Entre la fin de l’année scolaire qui approche (évaluations, livrets scolaires, sorties…) et la préparation de la rentrée (faire sa commande de cahiers et de fournitures avant le 12 juin, par exemple), ces semaines sont toujours très actives.

Cette année, ce fut vraiment compliqué. Le décalage des vacances lié au confinement du mois d’avril nous a fait reprendre le chemin de l’école le 26 avril. Jusqu’au 6 juillet, il y avait donc 11 semaines d’école à faire, ce qui est la configuration la pire qui puisse arriver (chaque année, ça varie entre 8 et 11 semaines, selon les dates des vacances de printemps). Ajoutez à cela le masque, les élèves épuisés par cette année chaotique, les sorties scolaires impossibles à anticiper pour cause d’épidémie… et la météo pourrie (vive les récrés sous la pluie !) et vous aurez un tableau complet d’une fin d’année scolaire épuisante.

Bon, je ne suis pas à pour me plaindre. A vrai dire, j’ai même plutôt la pêche en ce début de juillet ! Je suis contente de tous les projets réalisés cette année, des progrès de mes élèves (en septembre, avec le décrochage scolaire lié au premier confinement, on partait de loin), de mon intégration dans cette école toute proche de chez moi (quel bonheur de rentrer manger à la maison le midi !). J’ai repris confiance en moi, en mes compétences. Le bilan est donc positif.

Malgré tout, je réfléchis toujours à une éventuelle réorientation professionnelle. Il serait trop long de détailler ici tout ce qui me pousse à vouloir changer de voie (raisons professionnelles, personnelles et familiales). Cette réflexion est sous-jacente depuis des mois. Ça mûrit lentement. Et si je n’ai pas trouvé encore ce qui me ferait vibrer (tout en étant matériellement et financièrement réaliste), je sais que je suis sur la bonne voie. C’est un peu comme une graine que j’aurais semée. On ne voit encore rien sortir de terre, mais je sens que les racines poussent et que tout ceci s’ancre tranquillement dans le sol.

Et pour vous, que s’est-il passé pendant ce mois de juin ?


Ma lecture de juin

Eh oui, je mets ce titre au singulier. Car, en juin, je n’ai lu qu’un seul roman (que je n’ai pas encore terminé).

Écrit entre 1865 et 1866, ce grand roman oublié est l’un des derniers qu’Alexandre Dumas ait écrits. Il est publié aujourd’hui pour la première fois en version intégrale. Quatre lignes de force se croisent dans Le sphinx rouge et en tissent la trame: le combat du cardinal de Richelieu pour affermir son pouvoir, la découverte des auteurs du complot qui a coûté la vie au roi Henri IV, la conquête du Pas de Suse, passage stratégique entre la France et la péninsule italienne, et, enfin, la nécessité de donner un héritier au trône de France.

Je suis tombée par hasard sur ce roman dans les étagères de la médiathèque. Un bon gros roman historique comme je les aime (800 pages). Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas attaquée à un tel pavé. Je n’ai pas encore terminé ma lecture (commencée le 31 mai).

Cependant, j’apprécie le style d’Alexandre Dumas : des phrases longues, riches et digne des plus grands conteurs. Les scènes de dialogue ressemblent à de petites pièces de théâtre (l’auteur indique qui entre et sort de scène, par exemple). Si l’adresse récurrente au lecteur est inhabituelle, elle créé une certaine intimité avec le texte. On se sent comme pris à témoin, pour recevoir et transmettre ce témoignage sur l’Histoire de France.

Ce roman est la chronique riche et détaillée d’une époque où le pouvoir était âprement convoité, où les alliances se négociaient sans vergogne, où les femmes avaient une réelle influence sur le destin de la France et de l’Europe. C’est également l’histoire d’un roi (Louis XIII) qui tente de s’imposer dans l’ombre de son défunt père (Henri IV), en s’appuyant sur un ministre aux qualités politiques et stratégiques indéniables (Richelieu).

En février, on m’a offert la biographie de Barack Obama. Plongée dans l’univers du cardinal de Richelieu, je me demande aujourd’hui si des parallèles peuvent être faits entre ces deux hommes, leur approche du pouvoir, leurs personnalités charismatiques. Je lirai Une terre promise cet été, avec un intérêt accru.

10 réflexions sur “Rayons de lune #21-06

  1. Très heureuse de lire que tu retrouve la pêche en ce début juillet et que tu aies repris confiance en toi et en tes compétences ! C’est super chouette ! Je suis heureuse pour toi !

    Et en ce qui concerne ta réorientation pro, je suis certaine que tu vas trouver ! Tu es sur la bonne voie comme tu le dis toi-même !

    Plein de bisous et hâte de te relire 😉

    1. Merci Sand ☺️

      Oui, je suis contente de mon année scolaire post burn out. J’ai eu des retours positifs de certains parents d’élèves ; ça fait plaisir.
      Je garde certains de mes élèves l’an prochain et ils sont contents de rester avec moi. Certains m’ont dit : « Tu es ma meilleure maîtresse depuis toujours » 😊

      Je vais aller lire (et écouter) ton taroscope
      Bon dimanche, Sand 🔆

  2. Dixit : ‘C’est un peu comme une graine que j’aurais semée. On ne voit encore rien sortir de terre, mais je sens que les racines poussent et que tout ceci s’ancre tranquillement dans le sol.’ : j’aime beaucoup beaucoup, une jolie plante va surgir !

  3. Le chocolat noir ? Mais quel plaisir !! J’ai réduit le sucre transformé mais mon petit carré de chocolat noir journalier me fait vraiment. En tout cas tu oses, tu tentes, tu testes, tu expérimentes des pistes d’amélioration et je suis toujours aussi content de suivre tes pérégrinations.

    Ton cycle du sommeil est vraiment comparable à ce que je connais, surtout pour les réveils tôt dans la matinée. 8h d’une traite chaque nuit et je veux bien ne plus toucher au chocolat 🍫 😁

    1. Chiche ? Tu testes un mois sans chocolat ? 😋
      C’est bien d’avoir réduit le sucre. En supprimant le chocolat, je m’aperçois que je perds peu à peu le goût du (très) sucré. Un compote sans sucre ajouté ou un fruit me suffisent pour terminer mon repas.

      Merci Johan pour ton suivi fidèle et tes commentaires. Tu es un de mes tout premiers abonnés, tu sais ?

      Hier soir, nous avons réservé une semaine de vacances dans le sud de la France. C’est lors de mes dernières vacances d’été, en 2019, que j’ai eu l’idée de ce blog et que j’ai trouvé son nom (après de longues cogitations). Ces nouvelles vacances m’apporteront-elles aussi de nouveaux projets ?

      Et pour toi, départ ou pas cette année ? Ça fait un bien fou de se dépayser, je trouve.

      Bonne semaine, Johan 🔆

      1. Demander un mois sans chocolat à un belge c’est demander la lune (démasquée) 😉

        Je fus un des premiers à découvrir ce blog ? Et bien oui je continue à suivre ton blog qui est un peu (pour moi en tout cas) un laboratoire de la vie. J’aime lire ton retour d’expérience 👍

        Toi dans le Sud et moi vers l’Ouest. La France est un magnifique pays (parole de belge) qui dépayse à moindre frais. Et cette coupure va vraiment me faire du bien cette année…

      2. J’imagine qu’on peut être Belge et ne pas aimer le chocolat… comme on peut vivre en Normandie ou en Bretagne et ne pas aimer le cidre 😋

        Bon séjour dans l’Ouest, alors ! 🏖

        Pour moi, la Bretagne, c’est la pause vivifiante de la Toussaint, un bon bol d’air iodé après 2 mois de classe bien remplis.

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