L’hypersensibilité : une force ?

L’hypersensibilité est le sujet du moment, semble-t-il. Une émission diffusée jeudi 18 février et un livre publié en janvier l’ont mise sur le devant de la scène.

L’émission « Ça commence aujourd’hui » du 18 février avait pour thème l’hypersensibilité. Vous pouvez en trouver des extraits sur youtube ou regarder l’émission en intégralité sur francetv (disponible jusqu’au 20 mars).

Trois invités nous racontent leur parcours jusqu’à la découverte de leur hypersensibilité. Jeanne Siaud-Fachin, psychologue, apporte son éclairage professionnel sur la question.

Je me suis vraiment retrouvée dans le témoignage de Maurice Barthélémy qui évoque : des sens très aiguisés (hyperesthésie), une forte intuition, une pensée en arborescence, un bon esprit d’analyse et une hyper-empathie. Il ajoute une difficulté à faire des choix, par besoin de peser le pour et le contre de chaque option possible.

Comme lui, j’apprends à vivre avec mon hypersensibilité, en limitant ou évitant les situations qui me posent problème. Peu à peu, je prends conscience de mes émotions, des moments où je me sens inquiète, anxieuse, en colère, heureuse… et j’arrive de mieux en mieux à analyser l’origine de ce tumulte intérieur. Comprendre d’où vient l’émotion ou la gêne aide à l’accepter et à l’apaiser.

Comme le dit Maurice Barthélémy, l’hypersensibilité se caractérise par un trop-plein d’informations qui peuvent être des informations sensorielles, émotionnelles, intellectuelles… Il faut apprendre à lâcher-prise pour mettre le corps, le cœur et le cerveau au repos. Des techniques de relaxation, de méditation (hypnose pour moi) ou du sport aident à se détendre et à calmer le flux d’informations continu qui nous envahit et nous fatigue. Veiller à son rythme de sommeil, à faire des pauses, à s’isoler… est essentiel.

Dans le second témoignage de l’émission, Kim nous dévoile la souffrance d’une enfant puis d’une adolescente qui se réfugie dans la nourriture pour « manger ses émotions ». Devenue obèse, elle subira un by-pass et travaillera sur sa relation au corps et aux émotions avec son psychiatre. A 18 ans, elle mettra enfin un mot sur son mal-être : hypersensibilité.

La dernière invitée a découvert son hypersensibilité tardivement, à 61 ans, en accompagnant son fils de 38 ans dans son diagnostic d’autisme Asperger. Elle a alors compris d’où venait son hyper activité, ce besoin permanent de découvrir de nouvelles choses, son intérêt pour tout, ces loisirs variés dont elle se lasse rapidement.

L’hypersensibilité, c’est aussi une vie plus intense, plus riche, plus créative… ce qui peut conduire à de l’épuisement si on ne sait pas mettre de limites. Respecter son rythme, lâcher-prise, prendre du recul sur certaines situations sociales et comprendre ses émotions est nécessaire pour trouver un équilibre.

Le titre de l’émission est : Hypersensibilité, et si c’était une force ? Les réponses des invités nous montrent que l’hypersensibilité devient une force quand elle est connue, acceptée, maîtrisée. Tant qu’elle n’est pas « auto-diagnostiquée », elle est subie par les individus, hommes ou femmes. Ils se sentent différents, décalés, fragilisés dans un monde où l’hypersensibilité est souvent réduite à son aspect le plus visible (et agaçant pour l’entourage) : l’hyper émotivité.

Mon seul regret concernant cette émission est qu’elle aborde très peu le corps et la santé physique qui sont, pour moi, les aspects les plus pénibles de l’hypersensibilité, comme je l’ai expliqué dans mon article précédent.

Le livre « Fort comme un hypersensible » de Maurice Barthélémy et Charlotte Wils a été publié par Michel Lafont. Vous trouverez sur le blog Apostrophe un article détaillé sur ce livre, avec de nombreux extraits.

Entretien entre Maurice Barthélémy et Charlotte Wils : vidéo du 7 avril 2020.

7 réflexions sur “L’hypersensibilité : une force ?

  1. Merci pour le partage de ce livre qui a l’air très intéressant Nina.
    C’est marrant mais j’ai toujours détesté le terme « hypersensible » comme si je ne me reconnaissais pas dedans, parce qu’on y applique plein de clichés et les clichés c’est fatiguant et ça n’aide pas.
    Je ne dis pas que j’ai embrassé mon hypersensibilité en entier mais j’apprends de plus en plus à vivre avec et à percevoir le beau, à en faire aussi quelque chose de beau.
    Je pense en effet que ça devient une force quand on est prêt à embrasser tout ce qu’on est, le plus, le moins. le entre-deux.
    Ca vient pas à pas.
    Grosses bises et douce fin de journée

  2. C’est ce qui est dit dans la vidéo dont j’ai mis le lien : certaines personnes n’acceptent pas le mot hypersensibilité alors qu’il est, pour d’autres, une révélation qui apporte le soulagement.
    L’essentiel est de s’accepter tel que l’on est.
    Bonne soirée, Marie

  3. Bonjour Nina,

    Merci pour ce compte rendu détaillé. Comme tu le dis, ainsi que la commentatrice précédente, il faut transformer ce fait (être hypersensible) en force. À l’instar de ces artistes aux failles béantes qui transforment cela en créations artistiques. D’ailleurs, tout hypersensible n’a t’il pas une propension à être artiste ? 😉

    Et puis il y a notre corps qui est tel un marqueur de nos émotions, qui nous envoie des messages et qui est celui dans lequel on vit H24. Nous avons l’obligation de le chérir par une vie appropriée et le devoir de le connaître en pratiquant des activités adéquates.

    Bonne journée la France ! ☀

    1. Bonjour Johan,
      merci pour ton retour.
      Je ne sais pas si on peut transformer l’hypersensibilité en force. Elle a des aspects négatifs qu’elle conservera de toutes façons (la fragilité du corps, pour moi, avec cette difficulté récurrente à trouver un bon équilibre hormonal, notamment).
      Être créatif, oui, c’est chouette. Tout le monde n’est pas doué pour ça. L’intuition et l’empathie sont aussi des atouts, peut-être plus faciles à mettre en valeur que la créativité… en faisant attention à ne pas tomber dans une relation toxique.
      Il est dit dans l’entretien vidéo que les hypersensibles se font souvent piégés par les pervers narcissiques… et c’est ce qui m’est arrivé, comme tu le sais.
      Bonne journée 🔆

  4. coucou le témoignage de Maurice est très pertinent. Je me suis bien reconnue dans cet extrait. J’apprends à vivre avec et j’essaie de plutôt me concentrer sur les aspects positifs certes c’est difficile mais faisable

    1. Merci pour ton message.
      Oui, il faut positiver, ce qui est bien plus facile quand on sait enfin ce qui se cache sous cette perception différente du monde. Ce n’est « que » de l’hypersensibilité, pas un trouble psychique ou une maladie, ce qui est un réel soulagement pour moi.

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