Novembre : (recon)naissance

Après plusieurs semaines sans écrire, il est temps de reprendre ce journal créatif.

Si le mois d’octobre fut éprouvant, aux niveaux professionnel et émotionnel, le confinement m’a apporté un étrange calme et une belle révélation.

Lundi 2 novembre, j’ai repris le chemin de l’école avec une certaine appréhension. Élèves masqués, protocole sanitaire renforcé… Un peu d’incertitude au début. Et puis finalement, il me semble que la situation s’est « allégée ». Tout est devenu plus lointain, plus facile. Curieux paradoxe.

Le confinement, en limitant les contacts sociaux et la possibilité d’intrusion d’autrui dans ma vie, m’a libérée d’un poids. Je me suis aperçue que j’appréciais cette bulle d’isolement social, qu’elle était la bienvenue pour me permettre d’avancer sur mon chemin personnel.

La semaine dernière, j’ai désactivé mes comptes sur les réseaux sociaux. Pour une longue réflexion sur mon besoin de reconnaissance, lié depuis l’enfance à une certaine dépendance affective.

Besoin d’exister pour les autres, par les autres. Tendance permanente à comparer, à mettre en parallèle mes compétences et les leurs, mon physique et le leur, mon profil virtuel et les leurs… pour aboutir bien souvent à la conclusion que je suis « moins bien » ou que tout retour positif n’est pas mérité, toute réussite est liée au hasard. Syndrome de l’imposteur. Sentiment terrible de ne pas être légitime. Pas suffisamment douée. Pas socialement intégrée.

J’ignore ce que je vais faire de ce blog. Le poursuivre tel quel ? Le modifier ? L’abandonner ? Pourquoi toutes mes tentatives d’expression se terminent-elles toujours par un RESET ? Créer des comptes et les effacer. Rédiger des articles et les mettre hors-ligne. Publier un roman et le laisser couler. D’où vient cette propension à disparaître ? Combien de comptes, de pseudos, ai-je ainsi éliminés ?

C’est comme si je devais me cacher, sans cesse. Fuir. Et repartir à zéro, régulièrement, dans un mouvement cyclique de construction et de démolition.

Fuir qui ? Quoi ? Me fuir moi-même, je crois… Ou l’image que j’ai de moi, une image dégradée, morcelée, déchirée. Puis recoller les morceaux, m’accepter, pour un temps… jusqu’à la chute suivante.

J’aimerais que cesse ce mouvement perpétuel. Me stabiliser. Me lever, avancer et grandir.

Ce mois de novembre m’a permis de comprendre. Finalement, par les réseaux sociaux, les blogs, les pseudos divers et variés… je cherche une reconnaissance, le sens d’une existence apportée par les autres, leurs likes, leurs remerciements… une légitimité illusoire… alors que la clé de mon épanouissement est là, en moi, en mon propre cœur.

Je dois poursuivre ma réflexion sur les liens affectifs, les autres, ce qu’ils m’apportent, ce que je leur dois (ou pas), ma place dans la famille, dans la société. Ne rien attendre d’eux, juste savourer ce qui se présente, cesser de juger ou de (m’auto)critiquer, accepter la solitude, pour mettre fin à la dépendance affective… Apprendre à m’aimer, moi, mon unique alliée.

Novembre, mois de la (re)connaissance, vers la naissance du moi ?

10 réflexions sur “Novembre : (recon)naissance

  1. L’épanouissement et la reconnaissance passe parfois par le regard des autres. Partager ce que l’on fait, aime, connait et avoir des feed-back en retour permet de nous améliorer, de changer, de grandir ou autre. L’important c’est d’aimer ce que l’on fait et d’être sincère avec nous-même. Tant que les réseaux sociaux ne devienne pas une drogue addictive cela peut être utile. Et j’aime bien l’idée que l’on enseigne (montre, parle de) ce que l’on veut apprendre. Et comme Ghandi dit: « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » Bonne soirée!

    1. Merci Carine pour ces paroles positives. Fais-je fausse route en voulant devenir plus indépendante des autres ?
      La reconnaissance et les feed-backs sont valorisants, c’est certain. Mais ils sont rares car j’ai été (et je suis encore) entourée de personnes toxiques qui n’expriment pas de reconnaissance, qui me critiquent, me dévalorisent…
      La souffrance engendrée par le manque de reconnaissance et le dépit quand on me critique est ancrée en moi depuis l’enfance.
      Alors je me dis que je ne dois plus chercher cette reconnaissance car je souffre trop quand je ne l’obtiens pas.
      Peut-être n’y ai-je tout simplement pas droit ?

      1. La reconnaissance, je crois qu’elle vient avec le temps, quand tu deviens une référence. Je te souhaite de faire le ménage autour de toi pour vivre une vraie renaissance…et obtenir la reconnaissance que tu souhaite. Bonne chance dans ton cheminement intérieur!

  2. Nos chemins se ressemblent Nina. J’ai vécu la même chose. J’ai eu plein de comptes, de blogs et à un moment j’ai eu besoin de tout arrêter. Et c’était toujours lié à ce besoin de reconnaissance qui me faisait souffrir. Mais en me mettant sur pause la blessure était toujours là, je fuyais le problème mais je ne le resolvais pas.
    Le travail sur la confiance et l’estime, voilà ce qui m’a permis d’avancer sur le chemin. Pas à pas.
    Ma valeur ne dépend pas du regard de l’autre même si le regard de l’autre peut m’accompagner. Ma valeur comme la tienne sont là et les personnes qui les reconnaissent « méritent » notre temps et attention. Les autres non.
    Je t’envoie d’affectueuses pensées et Merci pour ton partage.

    1. Merci pour ton soutien, Marie.
      Tu as raison : fuir ne résoud pas le problème et ce besoin de reconnaissance sera toujours là.
      Je sais, je sens, que je n’ai pas la bonne attitude face aux obstacles qui se présentent. Je crée des blocages car je n’accepte pas certains compromis. On a tellement abusé de ma confiance que je ne sais plus lier de relations constructives, notamment en milieu professionnel.
      C’est compliqué.
      J’espère que face aux carrefours qui se présenteront bientôt, je prendrai la bonne direction.
      Bon dimanche, Marie, et merci d’être là 💙

  3. Bien le bonjour par ici !

    Ah la recherche de la sérénité est un fameux chemin ! Et l’époque dans laquelle nous vivons, où une partie de nous-même est virtualisée, enjolivée, filtrée, n’aide en rien à nous apaiser. On est souvent injustement sévère avec soi-même 😉

    L’énorme point positif que je lis dans ce journal est que tu es en mouvement vers ton épanouissement. Je n’ai pas de conseil à te donner si ce n’est que l’on ne repart jamais de zéro, on apprend juste à accepter qui l’on est 👍

    N.B. J’aime bien lire ton journal, j’espère qu’il ne disparaitra pas 😉

    1. Bonjour Johan, et merci pour ton soutien.
      J’espère continuer à écrire, même si les doutes m’envahissent certains jours.
      Bon week-end

  4. bonjour, comment vas tu? pas de reconfinement pour moi, j’ai continué de travailler tout le temps et on est presque revenu à la « normale » cette semaine. pourtant j’avais tiré du positif du premier confinement (au niveau personnel) mais hélas les envies qu’il m’a donné n e peuvent se réaliser. bon courage à toi et bon vendredi!

    1. Bonjour,
      je vais mieux, bien contente d’être en week-end après une semaine décisive.
      J’avais aimé aussi la bulle du premier confinement. J’espère que tes envies se concrétiseront un jour. Il faut toujours garder espoir.
      Bon week-end !

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