Journal : ma vie après Essure

Le 25 juin 2020, j’ai été opérée pour retirer les implants #Essure que je portais depuis 2013. J’ai raconté ici mon parcours avant l’opération et là mon séjour à l’hôpital et le début de ma convalescence.

Maintenant, je veux noter l’évolution de ma santé et de mon état d’esprit après Essure. Vais-je retrouver un rythme de vie ordinaire ? Vais-je voir s’atténuer ou disparaître les multiples symptômes observés depuis sept ans ?

NB. Cet article sera complété au fil du temps, jusqu’au 25 juin 2021.

Petite feuille dressée comme un étendard, découverte dans la pelouse pendant une de mes courtes promenades à pas de tortue dans le jardin, quelques jours après l’opération (se baisser jusqu’à terre pour la prendre en photo n’a pas été facile !)

Jour 7 : une semaine après l’opération

Les douleurs « descendent » au fil des jours. Si mon système digestif semble maintenant libéré de toute contracture interne, je souffre aujourd’hui au niveau de l’utérus, comme des douleurs de règles. C’est désagréable et, comme je suis fatiguée par les nuits hachées, ces douleurs me rendent irritable.

Dormir sur le dos est pénible. Je commence à pouvoir me mettre doucement sur le côté, en chien de fusil, même si je n’y reste que quelques minutes à cause des tiraillements dans les cicatrices de cœlioscopie et des douleurs internes.

Je ne pensais pas que la convalescence serait si lente. J’ai essayé de diminuer les antalgiques mais c’est impossible pour le moment. Je prends 1 gramme de paracétamol toutes les 6 heures (auquel j’ai ajouté spasfon et ibuprofene aujourd’hui).

Évolution des symptômes : j’ai le goût et l’odorat plus aiguisés et, surtout, j’ai FAIM !!! C’est un réel plaisir d’avoir des fringales, de sentir mon estomac vide qui crie famine, d’avoir des gargouillis… et de manger avec appétit ! C’est comme si mon corps se remettait à fonctionner après des mois d’inertie, où je mangeais à heures fixes sans appétit.


Jour 14 : deux semaines

Cette deuxième semaine a été difficile. Si j’ai retrouvé ma mobilité, je n’ai toujours pas supprimé les antalgiques. Je prends 3 grammes de paracétamol chaque jour car l’utérus est douloureux, surtout du côté droit, là où la corne utérine a été enlevée.

Aux jours 11 et 12 (lundi et mardi), je me sentais si bien que j’ai repris l’activité physique : un peu de stretching le matin et de la marche le soir. Peut-être ai-je été trop ambitieuse car mercredi (jour 13), ce fut le retour de bâton : fatigue, maux de tête, troubles intestinaux, diarrhée. Est-ce une gastroentérite virale ou un « relargage de métaux lourds » consécutif à l’opération ?

Ce soir, je découvre aussi que la cicatrice en haut du pubis, qui est rouge et rigide, semble un peu infectée. Je la désinfecte à la betadine, en espérant que l’inflammation soit superficielle. Les deux autres cicatrices sont belles. J’applique tous les jours après la douche une crème réparatrice achetée en pharmacie.

J’espère que la troisième semaine sera plus positive, avec une diminution des antalgiques et un retour à un transit normal, car là, j’avoue être un peu démoralisée. Je n’imaginais pas que ce serait si difficile. Peut-être ai-je trop placé d’espoirs dans cette opération, comme si c’était magique ? (On retire les Essure et tout va mieux, du jour au lendemain). Il faut que je revienne dans un principe de réalité : la santé et l’équilibre du corps se régulent lentement.


25 juillet 2020 : un mois après l’opération

Ce qui va mieux :

Depuis J+19, je ne prends plus d’antalgiques. Les douleurs ont disparu, ce qui me permet de mieux dormir, de 7 à 9 heures par nuit. C’est comme si je récupérais enfin de tous ces mois de fatigue intense et d’épuisement liés aux Essure puis au burn out. Le grand point positif est que je n’ai plus ni maux de tête ni migraines. Je trouve que j’ai meilleure mine. Je me sens moins gonflée.

Mon moral s’améliore, je me sens plus à l’aise dans mon corps et également plus à l’aise avec les gens. J’ai de nouveau envie d’aller vers les autres, même s’il reste des « rechutes » anxieuses certains jours. Cela me permet de vivre des journées normales : aller dans les magasins pour acheter des meubles pour mes filles qui emménagent dans leurs studios, manger au restaurant, me balader en ville. Quel bonheur de ne plus ressentir de coups de fatigue et surtout de ne plus avoir cette vessie hyperactive qui me gênait constamment et m’obligeait à rechercher les toilettes partout où j’allais !

Ce qui reste à surveiller :

Au niveau gynéco, je n’ai plus de douleur pelvienne (youpi !) mais il va falloir du temps pour que les cycles se régulent. J’ai eu une période de règles de 5 jours, suivie de 7 jours de pertes liquides claires très abondantes (qui se sont terminées à J+28). Ce fut très long (et angoissant) ! J’espère que le prochain cycle sera à nouveau normal.

La digestion et le transit semblent s’améliorer, même si ça reste encore très aléatoire. Les douleurs dans les muscles (surtout le dos et les mollets) sont encore présentes. Quand je fais du stretching, j’ai l’impression que mon corps est tout raide, ce qui est certainement lié au manque d’activité physique depuis l’opération. J’espère que la souplesse reviendra et que je pourrai reprendre le sport. Je ressens aussi le soir une grande frilosité, même quand il fait chaud, mais je crois que ce symptôme est plutôt lié à l’absence de thyroïde qu’aux Essure.

Au niveau cérébral, je me concentre mieux, je lis plus longtemps et plus facilement. Cependant, j’ai toujours des pertes de mémoire (je cherche un mot ou je ne me rappelle plus ce que je voulais faire) et des acouphènes dans l’oreille droite (sifflements plus discrets qu’avant mais qui n’ont pas complètement disparus). Il m’arrive également d’avoir une sensation de vertige ou de légères nausées, notamment les jours où j’utilise beaucoup la voiture pour de courts trajets ou quand je m’agite trop (pour ranger un meuble, par exemple, ce qui m’est arrivé plusieurs fois en cette période de déménagements).

Si j’ai meilleure mine, j’ai toujours parfois des difficultés de cicatrisation quand j’ai de petites plaies (sur les doigts, par exemple). Les cicatrices de la cœlioscopie sont à surveiller, ainsi que l’aspect de mes cheveux, que je perds toujours beaucoup, et de mes ongles, qui sont striés et fragiles depuis Essure.

Un bilan plutôt positif, donc, même s’il faut être patiente… ce qui est parfois difficile. L’anxiété reste présente, les rêves sont nombreux et pas toujours positifs. L’inconscient s’exprime et doit lui aussi « digérer » cette période de sept ans qui a été bien difficile à vivre.


25 août 2020 : rendez-vous post-opératoire

Ce 25 août, deux mois pile après l’opération, j’ai rendez-vous au CHU avec la gynécologue qui m’a opérée. Le bilan est positif : la radio ASP, que j’ai faite il y a quelques jours ne montre plus aucune trace d’implant Essure. La cicatrisation est bonne.

La gynécologue me remet le compte-rendu de l’opération et me recommande un simple suivi gynécologique annuel, à partir du printemps. Je retournerai voir le Dr. D. que j’ai déjà consultée dans son cabinet en ville (et qui travaille, elle aussi, avec le CHU).

Je me sens soulagée que cette étape soit passée. Je vais pouvoir me concentrer sur mon grand défi de septembre : reprendre le travail, près de huit mois après le burn out. J’ai peur de rechuter car mon corps me semble encore bien fragile.

Mon sommeil n’est pas toujours réparateur (difficultés d’endormissement certains soirs, insomnies, cauchemars…). Les douleurs musculaires persistent (dans le dos, les mollets… même si ça va de mieux en mieux). J’espère que je parviendrai à gérer la fatigue, le rythme du travail et l’anxiété que cela va générer. Je vais devoir m’adapter à un nouveau poste, travailler avec de nouveaux collègues. J’ai tellement peur qu’on mette en cause ma légitimité et mes compétences !

Est-ce pour cela que j’ai eu des suées nocturnes ce mois-ci ? Ou est-ce un symptôme de la ménopause ? Je me renseigne sur le groupe Facebook et j’apprends que certaines femmes ont été ménopausées juste après le retrait des implants. En sera-t-il de même pour moi ?


25 décembre 2020 : six mois

Me revoici. Tout va à peu près bien. Passons en revue les différents points relatifs à ma santé.

La bonne nouvelle, c’est que j’ai réussi ! Quatre mois de travail, aucun arrêt. J’ai failli ne pas reprendre début novembre car j’ai eu une cystite. Je suis allée au travail quand même, bien décidée à tenir toute la journée malgré l’inconfort urinaire.

En septembre, les premières semaines ont été difficiles : j’avais encore du mal à me motiver, à me concentrer. Les activités intellectuelles me demandaient un réel effort. J’avais encore des pertes de mémoire, des soucis pour trouver mes mots. Mais je n’ai rien lâché et, au fil des semaines, j’ai senti mon état s’améliorer. Maintenant, j’ai retrouvé ma pleine capacité de concentration et je peux travailler plusieurs heures sans ressentir cette fatigue qui me terrassait avant l’opération.

Mon état physique s’est également amélioré. Le progrès décisif a été de retrouver le sommeil, à partir de novembre (soit 4 mois environ après l’opération). Quel plaisir de se réveiller certains matins en se sentant vraiment reposée ! Quel bonheur de constater le week-end qu’il est 8 heures (ou plus) et que je ne me suis pas réveillée en pleine nuit !

Le sommeil est vraiment crucial alors j’y suis très attentive : je note chaque jour mon temps de sommeil. Je n’hésite pas à me reposer dans le canapé en rentrant du travail. Les séances d’hypnose en vidéo m’aident aussi le week-end pour me détendre et lâcher-prise.

Parfois des douleurs musculaires me rappellent à l’ordre. Je dois alors veiller à faire du stretching (dans l’idéal 25 minutes 2 fois par semaine) pour détendre les muscles endoloris, éviter d’avoir le dos trop raide et retrouver de la souplesse. Cela m’aide aussi à me connecter à mon corps pour être plus sereine.

Au niveau gynécologique, mes dernières règles remontent au 4 août. Depuis, plus rien. Conséquence de l’hystéroscopie opératoire réalisée en même temps que le retrait des essure ? Premiers signes de la ménopause ? Je n’en sais rien. J’ai quelques symptômes (bouffées de chaleur, légers vertiges certains jours, sautes d’humeur) qui peuvent y faire penser. Cependant, ils pourraient aussi être liés à un souci d’équilibre des hormones thyroïdiennes.

Pour conclure, le bilan est positif. Je me sens mieux dans ma peau. J’espère pouvoir reprendre le sport au printemps, quand j’aurai davantage d’énergie et que mes craintes de revivre l’épuisement du burn out se seront dissipées avec le temps. J’ai repris confiance en moi. J’apprends à être davantage à l’écoute de mon corps, de mes besoins, de mes envies.

Je ne regrette vraiment pas de m’être fait opérer. J’espère que toutes les femmes porteuses d’Essure qui souffrent pourront trouver une solution pour aller mieux, elles aussi. Il ne faut pas hésiter à se faire aider (groupe Facebook d’entraide gratuite, association Resist…) pour se sentir moins seule face à ce parcours du combattant de la combattante.


25 février 2021 : huit mois

Un petit point d’étape pour constater les progrès. Ce texte pourrait s’intituler « Stabilité ». En effet, j’ai vraiment l’impression d’avoir enfin trouvé une nouvelle stabilité hormonale.

Le mois de janvier a été difficile car j’ai eu de gros symptômes d’hypothyroïdie. Depuis l’opération, j’ai eu des périodes à 87 µg de L-Thyroxine et des périodes où j’alternais 87 µg / 100 µg, un jour sur deux. Je finissais toujours par avoir des symptômes d’hypo (après 3 ou 4 semaines à 87 µg) ou des symptômes d’hyper avec l’alternance 87/100 (surtout des bouffées de chaleur qui me faisaient penser à la ménopause). Je rappelle que je n’ai plus de thyroïde. Je dois donc trouver un dosage stable sur le long terme.

Alors, depuis un mois, j’ai tenté une solution intermédiaire : 87/87/100. Je prends 100 µg un jour sur trois seulement… et ça va mieux ! J’espère que cet équilibre qui semble enfin s’installer va être le bon et va pouvoir perdurer dans les semaines et mois à venir.

J’avoue que je n’imaginais pas que ce serait si long de retrouver un équilibre hormonal après l’opération, signe que les Essure avaient vraiment une influence générale sur tout mon corps.

Au niveau physique, ça va mieux. Moins de douleurs musculaires ou de maux de tête, pratiquement plus d’acouphènes. La seule gêne qui me reste encore est le tressaillement des muscles : autour des yeux (c’est assez classique) mais parfois également sur des muscles plus importants (à l’arrière du bras ou dans la fesse, par exemple). C’est vraiment pénible ! Pourtant, je prends un mélange à base de Magnésium, Zinc et autres minéraux depuis près d’un an.

J’y ai ajouté du Calcium + vitamine D3 depuis fin décembre. Je pense que c’était nécessaire car j’avais des points blancs sur les ongles. Depuis que j’en prends, je me sens beaucoup mieux au niveau digestif. Les troubles intestinaux ont pratiquement disparus et le transit s’est régulé.

Les cicatrices sont presque blanches maintenant. Il me reste encore une petite zone violacée pour celle qui est sous le nombril. Je mets toujours de la crème cicatrisante après ma douche (je continuerai jusqu’à ce que le tube soit vide).

Bref, il faut faire preuve de patience. Être très à l’écoute de son corps, suivre son intuition, se faire confiance. Vous savez ce qui est bon pour vous ! Votre corps parle et vous fait passer ses messages. Encore faut-il réussir à les décrypter !

Au niveau du moral, je me sens vraiment mieux depuis début février (est-ce lié à la prise de vitamine D3 ?) J’ai à nouveau envie de faire des projets, d’aller de l’avant, de lire, d’écrire… Le beau temps me pousse également à sortir davantage, à retourner m’occuper du jardin. J’espère pouvoir refaire du sport en extérieur bientôt. Pour le moment, je recommence doucement avec des séances de fitness très douces pour débutants et seniors. Je ne veux pas brûler les étapes.

Je poursuis également le stretching (25 minutes 2 fois par semaine). Et j’utilise toujours l’hypnose en vidéo quand j’en ai besoin pour me détendre, lâcher-prise ou simplement me reposer (je préfère l’hypnose aux siestes car je trouve ça plus relaxant et ça permet de limiter la durée… quand la vidéo se termine, je me « réveille »). Si vous voulez essayer, je vous conseille cette séance « lâcher-prise / anti-stress » à faire avec des écouteurs ou un casque, allongée sur votre lit, bien couverte. Bon voyage intérieur !

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11 réflexions sur “Journal : ma vie après Essure

  1. Contente de lire de tes nouvelles.
    J’imagine que tu aimerais que tout aille plus vite. Je pense que c’est normal que ça prenne du temps. Tu vis depuis des années avec ces choses à l’intérieur de toi, il faut que ton corps s’habitue.
    Je t’envoie d’affectueuses pensées Nina

    1. Merci Marie 💙
      Je vais mieux de jour en jour. Je retrouve peu à peu le sommeil. Mon médecin m’a autorisée ce matin à retirer les strips sur les 3 cicatrices de cœlioscopie dimanche. Ensuite, je pense que je me considérerai vraiment comme « libérée ». 🙆

  2. Nina, je vous trouve une grande capacité à être dans le moment présent et je trouve que c’est une immense qualité. Je vous admire. Bonne continuation ❤

    1. Merci ! Je pense n’être qu’au début du parcours. Tout reste à construire, mais ça devrait aller bien mieux sans Essure ! 😃

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